— Bordel, fatty… Range-ça… J’te promets que j’t’emmerderais
plus… Plus jamais… Je m’excuse t’entends ? ! J’suis qu’un gros con !
C’est ça qu’tu voulais entendre ? Eh ben j’te l’ai dit ! T’es
satisfait ? J’ai fait une connerie et je m’excuse… Mais fais pas l’con…
Et dire que c’est de cette petite
merde en train de chialer sa mère dont j’ai eu peur pendant des mois. 8 mois d’enfer
avant que j’aie la satisfaction de voir ramper cette raclure à mes pieds. Comme
un gosse qui craint de se prendre une raclée par son père, après avoir surpris
son rejeton en train de piquer un billet dans son portefeuille. Et ça, juste pour
s’acheter des bonbons. Sauf que là, il ne s’agissait pas de friandises à
quelques centimes d’euros. Il s’agissait de rabaissement d’un ado qui n’avait
rien demandé de tout ça. Un ado qui a subi les pires humiliations à cause d’un
auto-proclamé chef d’un gang de lycée, ne supportant pas la différence.
On pense à tort que ce genre de truc
n’arrive que dans des établissements dit « difficiles ». Dans
des banlieues ou des villes tellement ignorées du gouvernement que le corps
professoral ferme les yeux sur tout ce qu’il voit dans la cour ou les couloirs.
Des enseignants qui se disent qu’ils peinent déjà à finir les fins de mois. Qu’ils
ont bien assez de problèmes comme ça avec leurs femmes qui claquent la moitié de
leur maigre paie 8 jours seulement après qu’elle a été versée sur leur compte.
Ou que les mêmes les font chier, juste parce qu’ils ont 15 minutes de retard
pour le dîner.
Des mégères qui sortent alors les
vieux dossiers, précisant qu’elles auraient mieux fait d’écouter leur mère et
de pas les épouser ; qu’elles n’en seraient pas là aujourd’hui à devoir
quémander 10 euros à leur meilleure amie pour s’acheter des clopes. Une des
rares choses qui leur permet de supporter la vie de merde qu’elles subissent.
Et elles leur annoncent ça comme si c’était la faute de ces pauvre gars qui
doivent déjà plus ou moins survivre dans des classes où les voyous armés de
couteaux ou de rasoirs sont plus nombreux que celles et ceux voulant faire
quelque chose de leur vie en étudiant sérieusement. Des gamins de 14 ans qui
peuvent les planter simplement parce qu’ils leur ont mis une note de 5/20 à un
contrôle de géographie. Un calvaire à corriger où le prof aux portes de la
dépression a vu Dubaï situé en Chine ou le Laos placé à côté de l’Australie.
Et quand ce ne sont pas les gosses
qui leur font craindre de voir leur dernier moment arrivé à chaque heure de la
journée, ce sont les grands frères de ces petits caïds de classe — membres d’un
gang local qu’il vaut mieux ne pas énerver —, qui les attendent à la fin des
cours pour leur expliquer de laisser leur frangin tranquille. En insistant bien
sur le fait qu’il serait préférable que leur petit frère ait de meilleurs notes
à l’avenir. Sous peine de recevoir une visite « musclée » dans
la soirée ou les jours qui viennent. Un avertissement qui s’accompagne de la
menace de violer leur femme ou leur fille, pendant que lui-même se ferait
tabasser à mort, après avoir été témoin du « spectacle » pour
mieux faire passer le message.
Non, ces professeurs-là ont déjà bien
assez de tracas à gérer au quotidien pour devoir en plus s’en rajouter, juste
parce qu’ils ont voulu empêcher qu’un petit gros à lunettes se fasse racketter
ou humilier gratuitement. Et ce en plein milieu de la cour, sans qu’un pion
veuille daigner prêter attention à la séance, détournant subtilement les yeux.
Eux aussi ont leurs propres soucis à régler de leur côté, et ils estiment sans
doute ne pas être assez payé pour prendre le risque de se prendre un coup de
lame dans le bide. Ou peut-être que le courage n’a jamais été leur fort. Tout
simplement.
Quoiqu’il en soit, le malaise est
présent partout dans ces collèges et lycées oubliés par le ministère de l’éducation.
Les élèves, les profs… Et même la direction qui redouble d’effort chaque mois
pour faire comprendre au Rectorat dont il dépend d’augmenter les subventions
allouées à leur établissement pour des réparations d’urgence. Donc — forcément,
au vu de ce qu’il considère comme un sujet à traiter autrement plus urgent, car
ayant perdu depuis longtemps le sens des priorités quand ça ne les concerne pas
directement —, qu’un élève soit victime d’harcèlement, ça leur passe au-dessus
de la tête.
De prime abord, le premier réflexe qu’ont
la plupart des gens — ignorant les contraintes imposée par les institutions
supérieures de l’éducation auprès de ces établissements, de la part de
fonctionnaires se foutant pas mal de la situation, ou s’en occupant tellement
de manière laxiste que le résultat est le même —, c’est de fustiger l’incompétence
et le manque d’humanité supposé de ces directeurs souvent dépassé par ce qu’ils
doivent superviser.
La plupart de ces derniers se contente de
suivre les directives du ministère de l’Éducation, du Rectorat, du DSDEN
(Direction des Services Départementaux de l’Education Nationale) au sens
strict, et évite les vagues pour ne pas se voir couper des rentrées d’argent
indispensables au bon fonctionnement de leur école. Ce qui mettrait encore plus
à mal leur capacité à offrir un minimum de sécurité au sein de bâtiments n’ayant
pas subi de réfection depuis des années, faute d’un budget suffisant à peine à
subvenir aux besoins des élèves et des professeurs.
Et je ne parle même pas des cas où
les parents d’élèves en rajoutent une couche. Des parents pensant que leur statut
leur permet tous les droits et souffrant d’un déni total des agissements
déplorables de leurs enfants « admirables » à leurs yeux. Ce
qui fait que nombre d’actes de malveillance, de racket, de harcèlement moral ou
sexuel — ce qui arrive de plus en plus souvent, même si les institutions de l’éducation
redoublent d’effort pour étouffer la plupart des affaires pour ne pas ternir l’image
de notre pays —, sont minimisés par ces parents inconscients des dégâts psychologiques
qu’ils provoquent. Juste parce qu’ils prétendent protéger leurs enfants dits « fragiles »,
alors que ce sont des monstres en puissance.
Mais bon, je suppose que je ne vous
apprends rien sur tout ça. Vous lisez les journaux, consultez internet :
chaque jour un scandale illustrant ces propos finit par être largement médiatisé
— au grand dam des établissement acceptant mal de voir leur « fief »
devenir un nouveau symbole parmi d’autres de l’insécurité éducative.
On attribue ces débordements au
manque de réactivité des forces de police régionales, incapables d’empêcher la
prolifération des trafics et autres actes criminels au sein des banlieues
défavorisées. Ou bien ce sont les associations qui sont accusées de favoriser certaines
familles, déclenchant chez elle un sentiment de protection dont elles abusent. Car
conscientes qu’elles peuvent bénéficier à outrance des failles d’un système
juridique et éducatif à leur propre avantage. Pas à ceux de leurs enfants, qui sont
« lâchés » dans les rues, devant se débrouiller par eux-mêmes
pour s’occuper.
Des gosses plus ou moins abandonnés,
devenant la proie des gangs et cartels voyant en eux des cibles idéales pour
faire fructifier leurs commerces lucratifs. Ceci en tant que « mules »
pour les transports de drogues ou autres transactions. Des « intouchables »,
car ne pouvant pas être emprisonnés. Les chefs de gangs savent que leurs
poulains reviendront fatalement très vite dans le quartier, afin d’y reprendre
leur travail sous leurs ordres.
Quand certains parents prennent
conscience du danger de voir leur progéniture mal tourner, il est trop tard. Le
retour en arrière est rarement possible, car endoctriné par les esprits retors que
sont les chefs de cartels de ces quartiers. Ce n’est pas une généralité, mais c’est
souvent le cas dans diverses villes, dont maires et conseils municipaux se
tirent dans les pieds l’un et l’autre pour éviter de traiter ce problème devenu
insoluble à leurs yeux, accusant l’opposition à leur parti de tous les maux.
Chacun se renvoie la balle, pour ne
pas se prendre de plein fouet une vindicte populaire. Ceci au cas où leurs
solutions se montreraient inopérantes après avoir été appliquées dans la
douleur. Il vaut mieux que ce soit leur voisin de table qui soit désigné
responsable que soi-même : c’est la pensée de chacun lors des réunions de
ces dirigeants. Un dysfonctionnement dont les délinquants de tous bords profitent
sans peine.
Mais tout ça, c’est du flan, et je
suis bien placé pour le savoir. Puisque j’ai été la victime d’une petite bande
de conards n’ayant rien à voir avec les petites frappes venant des banlieues
dont je viens de vous parler. C’est même tout le contraire. Aussi bien au
niveau des origines que du social. Parce que oui, on a souvent tendance à
pointer du doigt les immigrés, les « non-blancs ». Montrant ainsi
les tendances suprémacistes de plus en plus visibles de notre pays, ne valant
pas mieux que d’autres nations que l’on a longtemps accusés de laisser agir ce
fléau, à cause de gouvernements jugés trop tolérants sur divers agissements
semblant provenir d’une autre époque.
J’ai vécu l’enfer à cause d’un groupe
de jeunes de mon âge étant à mille lieues des conditions sociales de base décrites
plus tôt. Je ne saurais dire s’ils ont été influencés par leurs parents en ce
sens. Ou bien si leur besoin presque naturel de vouloir détruire tout ce qui ne
correspond pas à une « norme » — selon des dogmes entérinés
dans leurs esprits sadiques et dénués de toute forme d’empathie et d’acceptation
de l’autre —, leur a été éduqué par d’autres sources de leur entourage. Voire
des lectures leur ayant profondément retourné le cerveau, car très malléables. A
moins que ce ne soit — selon leur point de vue —, qu’une simple distraction
comme une autre.
Leur origine sociale, les habitudes
du monde dans lequel ils vivent une fois rentrés chez eux, le sentiment de supériorité
grâce à l’argent et les fonctions de leurs parents… Tout ceci les a peut-être
habitués à se sentir supérieur à différents niveaux du commun des mortels. Ils
sont des fils d’industriels, d’artistes renommés, de représentants politiques.
La seule fille du groupe constituant mes harceleurs est encore plus perverse
que ses comparses.
La plupart du temps, c’est elle qui
donne les directives. Je n’ai jamais vu un seul des 5 membres de ce « clan »
discuter ses idées atteignant des sommets d’inhumanité. Et si je suis devenu
leur cible, ce n’est même pas à cause de mes origines sociales : nous
avions plus ou moins les mêmes. Mes parents sont spécialisés dans des domaines
spécifiques. Ma mère est une personnalité émérite dans le domaine littéraire,
auteure de plusieurs romans à succès aux thèmes portés sur les nouvelles
technologies et ses dangers. Mon père, lui, est un scientifique travaillant avec
de grandes institutions dans le domaine de la génétique et la santé. Ce qui
inclut aussi des sociétés en lien étroit avec le gouvernement.
Je ne détaillerais pas plus leurs
activités : ce n’est pas le plus important. Je voulais juste signifier qu’il
n’y avait pas de différence — d’un point de vue financier j’entends —, entre
mes harceleurs et moi. Idem pour notre ethnie commune : nous sommes tous
de type caucasien. Le fait de m’avoir choisi pour cible — en tant qu’élément de
distraction à leur ennui —, ce n’était ni lié à ma couleur de peau, ni mon
orientation sexuelle ou d’autres critères parmi les « classiques »
du harcèlement scolaire.
Toutefois, on reste dans le domaine
de l’habituel de ce genre de cas, puisque si j’ai été le centre d’intérêt
immédiat aux révulsions de ce groupe, c’est à cause de mon apparence. Je suis
en surcharge pondérale, pour employer un mot plus « sympathique »
que le traditionnel et péjoratif « gros ». Un embonpoint important
dû non pas à une tendance à apprécier la bonne chère, mais à un
dysfonctionnement de mon métabolisme qui s’est déclenché dès mon plus jeune
âge.
Mon père aurait été plus en mesure de
vous détailler les caractéristiques de cette irrégularité et les symptômes y étant
lié. Ainsi que les causes probables l’ayant fait se manifester dès mes 7 ans —
bien que sur ce dernier point, je ne sois pas sûr qu’il puisse vous donner un
éclaircissement notable, comme vous le verrez ultérieurement dans mon récit —, et
n’ayant fait que croître depuis. Et ce, bien que je n’aie jamais eu d’intérêt
majeurs pour les sucreries ou les aliments gras. C’était même tout le contraire :
j’ai une sainte horreur de ce type d’alimentation.
Pourtant, malgré ma répulsion à la
cuisine trop riche, mon corps a augmenté de volume progressivement, dès lors
que je m’emploie à lui fournir la moindre nourriture. J’ai même essayé une
alimentation végétarienne — que je continue toujours aujourd’hui —, pensant que
le problème venait des protéines trop riches de la viande. Ça n’a rien changé :
mon corps grossit dès que je mange quoi que ce soit, lors de certaines
périodes.
En fait, cela fonctionne par cycle. Un
qui peut s’étendre sur 3 à 4 mois, où toute forme d’alimentation — aussi légère
soit-elle —, fait grimper mon « enveloppe » (cela aussi, je reviendrais
plus tard sur l’emploi de ce terme). Suivi d’une autre période où une partie de
cette surcharge faiblit. Mais dans des proportions tellement faibles que ça ne
se remarque pas vraiment.
Durant ce cycle, je peux perdre jusqu’à
une dizaine de kilos. Que je reprends systématiquement, petit à petit, même si
je ne mange que des salades sans sauce à chaque repas — j’ai vraiment essayé
cette méthode, qui a abouti à un échec cuisant en termes de résultats —, durant
le cycle suivant « d’augmentation de masse ».
Le plus étonnant, c’est que ma
grosseur n’est pas dû à une augmentation de mon taux de graisse. C’est comme si
ma peau enflait, sans qu’on sache pourquoi. Mon père a cherché pendant des
années une solution à ce phénomène aberrant et incompréhensible. Il a fait
appel aux meilleurs spécialistes dans le domaine pour l’aider dans sa tâche, et
il s’emploie toujours à trouver un remède à mon mal inconnu. Personne n’a pu
expliquer le pourquoi de mon état. Tout comme la raison de ces deux formes de
cycles réguliers. Ce n’est pas non plus un virus ou quelque chose d’assimilé.
Ce fut la première chose à laquelle mon père a pensé quand il a débuté ses
recherches pour annihiler le phénomène. Je suis un cas unique, et je me serais
bien passé de cette singularité : elle a été à l’origine de mon cauchemar.
Celui représenté par Gérard et sa petite bande.
Gérard Dalfonnès. Il fut le premier
que j’ai remarqué lorsque je suis arrivé au lycée de Sainte-Blandine. Ou plutôt,
c’est lui qui m’a remarqué et houspillé immédiatement. Il se trouvait retranché
dans un coin de la cour pendant l’appel. Il n’était pas seul. A ses côtés se
trouvait une fille : Lucille, sa sœur. Âme damnée de son frère point de
départ de tous les coups les plus tordus qu’on puisse imaginer. Car oui, j’apprendrais
plus tard que je n’étais pas un coup d’essai. Si les parents de Gérard et
Lucille ont décidé d’inscrire leurs enfants dans ce lycée, c’est
essentiellement dans le but d’apaiser les esprits.
Disons qu’ils y ont été contraint et
forcé pour éviter des conséquences judiciaires fâcheuses. La mère des deux
trublions exerçant une forte influence auprès de la police de Lyon — la ville
où s’est déroulé mon histoire —, elle a donc pu jouer de ses contacts pour que
ses enfants ne découvrent jamais les joies de l’enfermement dans une cellule.
Soit Gérard et Lucille continuaient
leur cursus scolaire au sein d’un lycée privé et supposément encadré ;
soit ils devraient assumer les conséquences de leurs actes. Pour faire simple —
avant moi —, les deux avaient eu à leur actif 4 victimes au sein d’établissements
différents. Tous de classes sociales différentes de la leur. Et donc de la
mienne, si vous avez bien suivi.
3 garçons et une fille qui avaient eu
le malheur d’être issus de milieux plus modestes. Voire même très modestes.
Gérard et sa sœur acceptaient plus ou moins de côtoyer des « inférieurs »
— le terme dont ils usaient régulièrement pour désigner des « non-riches »
—, tant que ceux-ci montraient un certain standing vestimentaire et culturel.
Un critère indispensable pour eux pour que d’autres élèves aient le droit de
leur adresser la parole.
Les victimes comptaient aussi un
élève d’origine indienne. C’est lui qui fut le premier à subir leurs exactions
et qui a surtout le plus morflé des punitions de Gérard et Lucille. A leurs
yeux, il était intolérable qu’un représentant d’un peuple ayant été aux ordres
de leurs ancêtres — en tant qu’esclaves —, puisse vaquer dans le même
établissement scolaire qu’eux. Cela vous donne une idée de l’importance
hiérarchique que le duo infernal désirait affirmer à quiconque.
Chester, l’arrière-grand-père des faux jumeaux
— un détail que j’ai oublié de mentionner jusque-là, et qui a peut-être une
importance génétique à leur capacité à anticiper les réactions de l’un et l’autre,
tel que vous le découvrirez plus tard —, avait officié en Inde, sous les ordres
de la reine d’Angleterre : Victoria. Car — autre détail —, la famille de Gérard
et Lucille est issue d’une longue lignée britannique, dont certains membres se
sont installés en France par le passé.
Chester se trouvait être une personne
très estimée par la famille royale. Au point que celle-ci le considérait
presque comme un membre à part entière des Windsor. Vous aurez bien sûr compris
que Chester avait été anobli, et ses privilèges ne s’arrêtaient pas là. Je ne connais
pas le détail de tous les liens raccordant ce haut dignitaire à la famille
royale britannique, mais ce qui est certain en revanche, c’est qu’il
bénéficiait d’un passe-droit total sur ses actes en Inde. Cela avec l’appui de
la Compagnie Britannique des Indes Orientales.
Il pouvait punir qui bon lui semble,
dès lors que ce n’était pas un ressortissant britannique et surtout pas un
officier. Ce qui fait que les simples indiens dépendant de son secteur ayant commis une erreur de taille — car
pouvant entacher le prestige britannique —, recevaient des sanctions publiques
extrêmes. Pour l’exemple.
Ses descendants semblent n’avoir pas
hérité du caractère sanglant et autoritaire de Chester. Jusqu’à Gérard et
Lucille. Il paraissait incontestable que ces deux-là possédaient le même dégoût
des « inférieurs », selon le terme favori dont usait le duo. Vihaan
— le pauvre élève ayant eu le tort de choisir de faire ses études dans le même
lycée que les Dalfonnès —, a vécu humiliations en pagaille, menaces et autres
joyeusetés. Son caractère réservé lui empêchant de se rebeller, il devint un
souffre-douleur idéal pour Gérard, suivant les indications de sa sœur et
appliquant celles-ci sans le moindre remords.
Les deux agissaient discrètement et
se virent bientôt rejoints par d’autres élèves issus du même milieu que les
Dalfonnès. Des disciples soumis et fidèles, ne voyant aucun mal à montrer à un « basané »
que celui-ci n’avait pas sa place auprès d’eux. C’est-à-dire au sein d’un
établissement fréquenté exclusivement par des étudiants rentrant dans les
normes définies par Gérard et sa sœur. Quand leurs agissements furent
finalement dénoncés, pour avoir été trop loin dans leurs actes — allant jusqu’à
taillader la peau de Vihaan par endroits, le frappant allègrement à intervalles
réguliers et ayant même appliqués des produits corrosifs sur ses parties
intimes —, le directeur du lycée n’eut d’autre choix que de les renvoyer pour éviter
un trop grand scandale et calmer les tensions.
Les parents du jeune garçon — qui avait caché
pendant des mois les blessures infligées à ses parents, avant de craquer et
leur avouer ce qui se passait, suite à une tentative de suicide ayant
heureusement échouée —, ont été grassement payés pour leur silence de la part
des Dalfonnès.
Les victimes suivantes des deux
démons — un surnom qui leur colleraient à la peau au gré des établissements où
ils atterriraient par la suite —, bénéficièrent de plus de tolérance à ce titre.
Ce qui n’a pas empêché qu’elles subissent — elles aussi —, des humiliations suffisamment
traumatisantes pour que cela défraie la chronique. Et ce, malgré les
précautions des parents de Gérard et Lucille pour éviter qu’on parle des
actions terribles causées par leurs enfants.
Les 3 proies qui suivirent Vihaan ne
reçurent pas de lacérations de la part du duo infernal. Gérard — sur les
conseils de sa sœur, jamais à court d’idées toutes plus détestables les unes
que les autres —, employa alors des méthodes moins détectables qu’auparavant. Des
techniques inspirées de moyens de torture plus ou moins connus, ayant servis
dans diverses civilisations au cours de l’histoire — ce qui montrait bien les
préférences de lecture de Lucille —, déclenchant des seuils de douleur tout
aussi effroyables et aigus auprès des garçons devant les supporter.
La seule fille ayant fait partie de
leurs cibles a eu un traitement différent : Gérard l’a forcée à lui faire don
d’une fellation. À lui et les deux nouveaux disciples à ses côtés ce jour-là.
Ceux embrigadés dans la folie qu’il avait engendré avec sa sœur. Cette dernière
a d’ailleurs passé un nouveau cap dans l’horreur cette fois-là, en s’appliquant
à filmer la scène avec délectation, le sourire aux lèvres.
Mélanie — leur dernière victime,
avant que je devienne leur nouveau jouet —, devait sa punition à quelque chose
différant nettement des « fautes » de ceux l’ayant précédé. Lucille
avait des vues sur un garçon à son goût, et s’était enorgueillie auprès de son
cercle qu’il deviendrait bientôt sa petite douceur. Quand elle s’est aperçue — en
dehors du lycée —, que son coup de cœur entretenait une relation secrète avec
une autre fille de l’établissement, elle a explosé de rage.
Cette petite mijaurée — selon ses
propres termes —, devait recevoir une sanction exemplaire. Il était impératif
qu’elle apprenne à ne surtout pas s’approcher des garçons qu’elle convoitait. Mélanie
ignorait totalement les vues de Lucille sur son petit ami. Mais ça, le cerveau
du duo infernal n’en eut que faire. Aux yeux de cette véritable harpie humaine
— qui aurait pu rivaliser avec les pires personnages de l’antiquité, par sa
cruauté sans égal —, sa rivale n’avait pas droit à la parole.
Ce nouveau scandale fut la goutte d’eau
de trop pour les instances policières qui, jusque-là — ceci à grands coups de
pots-de-vin offert par les parents des « jumeaux diaboliques »,
autre nom rattaché au duo —, s’étaient employés à faire en sorte que les
affaires impliquant Gérard et Lucille ne soient pas trop médiatisées. Cela en s’arrangeant
pour que le nom des Dalfonnès ne soit jamais précisé dans les articles des
journaux. Ceux étant parvenus à obtenir et diffuser des infos grâce à leurs
contacts, car toujours à l’affût d’infos croustillantes pouvant leur assurer
des ventes conséquentes.
L’impunité n’était plus de mise aux
yeux du préfet Lajoaille, en charge des affaires judiciaires de la région :
il ne pouvait plus protéger les enfants de son ami d’enfance que représentait Lucie
Dalfonnès. La mère de Gérard et Lucille. C’était principalement cette dernière
qui était à l’origine des nombreuses opérations vouées à masquer le plus
possible les frasques de ses « trésors ». Un amour immodéré et
ravageur pour cette femme connue pour détruire la réputation de quiconque
aurait l’outrecuidance de proférer des ignominies sur la chair de sa chair.
Dans le déni total, Lucie était
persuadée que ses enfants avaient agi après avoir été provoqué par leurs
victimes. Ils ne pouvaient être considérés comme les monstres qu’on lui avait
décrit. Elle s’y refusait. Pour elle, les associations de victimes — qui
avaient tenté plusieurs fois de faire condamner à des sanctions plus lourdes
les Dalfonnès, en mettant tout en œuvre pour exposer le nom de la famille en
gros titres dans les médias —, étaient responsables des horreurs dites sur ses
enfants. Eux qu’elle désignait comme de petits anges sensibles, n’ayant fait
que se défendre contre les évidents mensonges et provocations multiples qu’on
leur proférait.
Le père, lui, était plus enclin à
considérer ses enfants comme un problème plus important que ce que sa femme se
refusait d’accepter. Même s’il n’adhérait — malgré tout —, pas entièrement à
toutes les accusations impliquant ses enfants, il reconnaissait le caractère hautain
et egocentrique de ceux-ci. Ainsi que la propension de Lucille à faire ce qu’elle
voulait de son frère, dans le but de commettre des incivilités prononcées
contre des jeunes de son âge aux classes sociales défavorisées.
Il eut cependant du mal à concevoir
que Lucille ait pu suggérer à Gérard de forcer la pauvre Mélanie à un acte
sexuel odieux sur sa personne et ses amis. Mais la vidéo retrouvée sur le
portable de l’instigatrice de ce plan digne d’une proxénète ne fit aucun doute
sur la culpabilité du groupe tout entier. C’est là que le préfet a donné le
choix aux Dalfonnès, tentant malgré tout de conserver un semblant d’amitié avec
Lucie. Plus de lycée public. Il faudrait impérativement inscrire les jumeaux
dans un établissement privé, choisi par lui-même. Un endroit plus à même d’être
supporté par les « préférences sociétales » de Gérard et
Lucille.
Ce lycée était composé d’enfants de
nantis comme l’étaient les Dalfonnès. Aucune classe sociale basse n’y était
admise. C’était une sorte de club fermé réservé aux enfants de célébrités, de
rois de la finance et de personnalités politiques. Le corps professoral y
officiant — tout comme la direction —, mettait un point d’honneur au respect
des autres : il considérait tout acte de violence au sein du lycée comme se
devant d’être sanctionné efficacement. Sans exception envers qui que ce soit. Et
ce, quel que soit le statut des parents de l’élève et leur degré de popularité.
S’il venait à l’idée de l’un de ces
derniers d’offrir des sommes importantes — servant à « oublier »
les fautes commises par les étudiants incriminés d’éventuels manquement aux
règles de l’établissement —, cela se traduirait par un renvoi immédiat des
étudiants fautifs. Ainsi qu’une place privilégiée au sein du « couloir
de la honte ». Là où siègent toutes celles et ceux ayant tenté par le
passé de soudoyer le personnel du lycée. Ce couloir, c’est la « griffe »
de l’établissement. Le lieu indélébile montrant ce qui arrive aux familles s’étant
cru à même de transgresser le bon droit de l’éducation, et marquées par le
sceau de l’infâmie par leur présence dans cet antre singulier.
C’est aussi un instrument de
confiance pour tout parents voulant s’assurer que leurs enfants seraient en de
bonnes mains, sans risque de subir des désagréments dommageables de la part de
rebelles à ce système qui avait fait ses preuves de nombreuses fois. Tous les
portraits des familles figurant dans le couloir de la honte ont vu leurs
empires détruits, à force de voir leurs partenaires historiques et leurs alliés
commerciaux qu’ils pensaient fidèles et indissociables de leur noms se
retourner contre eux. Juste parce qu’ils avaient tenté de souiller l’intégrité
d’un lieu devenu le chantre du savoir, du respect et de la tolérance. La
sélection pour y pénétrer est sévère, et les Dalfonnès pouvaient considérer qu’il
s’agissait là de la dernière chance pour leurs enfants de s’assagir.
Le fait qu’ils aient été acceptés s’accompagnait
d’un devoir de se conformer au règlement strict et implacable des lieux. Si
Gérard et Lucille commettaient l’erreur de minimiser le contrôle constant des
équipes de surveillance, c’était leur famille qui en paierait le prix en se
retrouvant en place d’honneur du couloir de la honte. On avait accordé aux
Dalfonnès une exception pour l’intégration d’élèves qui, en temps normal, n’auraient
jamais été acceptés par la direction. Exception du à la décision de justice et
sa condition mise en place par le Préfet régional, afin de faire comprendre à
Lucie Dalfonnès qu’elle ne devait cesser de fermer les yeux sur les actes de
ses « anges », et la mettre au pied du mur pour accepter le fait qu’ils
se comportaient comme des graines de délinquants, ne valant pas mieux que ceux qu’ils
décriaient tant. Ceux qu’ils considéraient comme des « inférieurs »,
reprenant les mots de leur arrière-grand-père en parlant des indiens dont il
avait la charge.
Ce n’était pas un privilège pour les
Dalfonnès : c’était une mise en garde. Le risque pour eux étant de voir
leur nom et leur honneur bafoué à jamais au cas où leurs enfants n’en feraient
qu’à leur tête. Et l’assurance de voir leurs affaires péricliter, comme les
familles avant eux s’étant cru inattaquables et en ayant payé le prix fort.
C’était un lycée où les tendances
violentes de Lucille et son complice Gérard seraient désarçonnés : pour
Robert Dalfonnès — père des jumeaux diaboliques —, c’était le plan parfait.
Bien que pouvant se révéler à double tranchant. Non sans mal, il parvint à faire
accepter la proposition à son épouse. Bien que celle-ci considérait comme
anormal que ses chéris soient punis de la sorte, en étant envoyés dans ce qu’elle
voyait comme une prison aux atours luxueux. Ce qu’elle avait du mal à
supporter.
Finalement, elle reconnut qu’au
moins, au sein de cet endroit, ils ne subiraient plus de provocations de la part
de petits voyous. Ceux ayant causé de nombreux « tracas » à
ses trésors. Le mot était complètement déconnecté de la réalité. L’entendre de
la bouche de Lucie Dalfonnès était une insulte à toutes les victimes de Gérard
et Lucille aux yeux du préfet et de Robert. Mais ils firent mine de ne pas avoir
entendu ces propos. Après tout, l’important c’était d’avoir pu décider Lucie à
laisser ses enfants chéris se rendre dans un lieu où ils auraient moins de liberté
pour agir inconsidérablement.
Une erreur de taille qui serait
fatale aux Dalfonnès, et surtout à Gérard et son âme damnée : Lucille. Sans
oublier les nouveaux disciples de ce duo comme nul autre, qui s’ajouteraient —
au fil des mois passés au sein du lycée —, à leur petit cercle d’adorateurs pouvant
bénéficier de certains privilèges de leur part. Comme des accès à des lieux
huppés et normalement réservés aux adultes, ou des réductions sur des articles
dans des commerces faisant partie du cercle d’affaires des Dalfonnès.
Comme je vous l’ai dit, dès mon
arrivée à Sainte-Blandine — une figure historique de Lyon, martyr sous le règne
de l’empereur romain Marc Aurèle —, Gérard me remarqua immédiatement. Mon
allure semblait trancher avec ses critères d’acceptation. Comme les lieux ne
possédaient pas « d’inférieurs » pouvant l’offusquer — lui et
sa sœur —, il a dû se sentir frustré. A force de terroriser d’autres élèves qu’il
considérait comme n’ayant pas le droit de côtoyer des personnes aussi importantes
que lui — sentiment partagé par sa sœur —, disons qu’il en a pris l’habitude et
y a surtout pris goût. Se retrouver piégé au sein d’un lieu où il ne pourrait
pas s’adonner à ce type de « sport », à cette friandise
appréciée pour un esprit aussi sadique que lui, il avait dû le ressentir comme
quelque chose de hautement déprimant.
Alors, quand il m’a vu, quand il a compris qu’il y avait
finalement quelqu’un sur qui il pourrait défouler sa haine et son besoin de
faire mal — presque une addiction —, il m’a souri. Je n’ai pas compris tout de
suite la raison de cet engouement pour moi. Encore plus quand il s’est approché
et m’a adressé cette phrase qui s’avèrerait lourde de sens par la suite.
— Finalement, cet endroit devrait me plaire. Tu es l’élément
qui manquait pour me satisfaire… fatty. On va bien s’amuser toi et moi.
Prépare-toi… J’ai juste besoin d’un peu de temps pour étudier la nature des
jeux que je te réserve.
Après ça, il s’est mis à s’esclaffer
comme un dératé, avant de rejoindre sa sœur resté en retrait. Là où il se
trouvait auparavant. Je l’ai vu parler à cette dernière. À son tour, elle s’est
mise à sourire en m’observant. Je n’y ai plus prêté attention par la suite. Je
me disais qu’ils étaient juste des originaux, ne connaissant pas encore leur
statut particulier, leur nom, et encore moins les horreurs qu’ils avaient
commises. Ce n’étaient pas les premiers que je croisais avant eux, s’amusant de
ma morphologie et de mon allure. Elle qui faisait « tache »
dans un lieu aussi huppé et pourvu d’un prestige aux portes de l’autarcie. A cause
de ses règles et son histoire.
De mon côté, si je me trouvais au
sein de ce lycée, c’était aussi lié à ma condition à part. à savoir le mal étrange
ayant fait de mon corps un objet de curiosité pour tout un pan de la communauté
scientifique. Et pas seulement elle. J’ai déjà subi des quolibets récurrents dans
les établissements scolaires précédents où je suivais mon cursus scolaire. Rien
à voir avec ce que me ferait subir Gérard et son groupe cependant. Néanmoins, d’un
point de vue psychologique, ce fut suffisamment lourd et inquiétant — pour un
regard extérieur j’entends —, pour que mon père, le premier, remarque mon mal-être.
Durant des années, j’avais réussi à cacher
à peu près mes ressentiments face aux regard des autres. Mais ma facilité à masquer
mes émotions paraissaient avoir ses limites : mes parents s’en aperçurent
très vite, l’un après l’autre. Au cours d’une soirée difficile à décrire — lors
de laquelle j’ai fondu en larmes —, voulant percer l’abcès pour répondre aux
questions qu’ils me posaient sur mon changement apparent d’humeur, j’ai fini
par leur avouer ce qui me tourmentait. Ce que je n’avais jamais osé leur dire,
de peur qu’ils me prennent en pitié, ou que ça perturbe leur quotidien. Ce qui
m’aurait été intolérable. J’adore mes parents plus que tout. Malgré leurs
activités très prenantes, ils m’ont toujours entouré d’un amour sans faille. Je
ne désirais pas qu’ils souffrent autant que moi. Raison pour laquelle j’ai tant
tardé avant de leur parler de ce que j’endurais quotidiennement à l’école.
Mais leurs visages remplis de
tristesse en me regardant, l’anxiété qui se lisait dans leurs yeux, cela a fini
par me résoudre à tout leur dire. Je leur ai alors expliqué que je ne
supportais plus les railleries d’élèves s’amusant à imiter le cri du cochon en
me désignant. Je ne supportais plus l’indifférence des professeurs, pourtant
témoins de ces actes d’incivilité irrespectueux. Je ne supportais plus les
parodies d’airs célèbres réarrangés où on incluait mon prénom et mon surnom :
fatty. Le même dont userait Gérard plus tard. Alors que ma mère m’a directement
pris dans ses bras, s’excusant de ne pas avoir vu ma détresse et s’en voulant d’avoir
été si aveugle, mon père a pris la décision de m’envoyer à Sainte-Blandine.
Il connaissait l’un des professeurs là-bas,
inculquant des cours d’histoire. S’il lui demandait, il était certain que
Barnabé — le prénom de ce professeur —, saurait s’appliquer à ce que je ne
souffre pas des mêmes moqueries subies dans mes établissements scolaires
précédents. Et puis surtout, il n’ignorait pas la réputation de
Sainte-Blandine. Ses règles, son ordre, sa sélection des élèves y étant admis,
ultra stricte. Cela m’a rassuré, et j’ai dit oui. Sans imaginer un seul instant
— à l’instar de mes parents qui pensaient m’envoyer dans un havre de paix, à
même de leur rendre le garçon joyeux qu’ils voulaient retrouver —, le calvaire
qui allait m’y attendre.
Un cauchemar orchestré par deux
esprits aussi machiavéliques que consciencieux dans leurs actes de malveillance
envers moi. Un duo qui se partageait la passion de la méchanceté gratuite, du
dénigrement de tous ceux ne faisant pas partie de leurs dogmes malsains. Ce qui
incluait des handicaps supportés par un être par trop sensible à bien des
égards, tel que je l’étais. Je pense que ça aussi, Gérard l’a senti dès le moment
où il m’a adressé la parole. Il a dû le lire dans mon regard ou quelque chose
comme ça. Tout comme il a senti qu’il pourrait me dominer et faire de moi sa
marionnette de sévices.
Lui et sa sœur n’ont pas agi dans les
semaines qui suivirent. Ils ont attendu méthodiquement de trouver les failles
du système de surveillance mis en place dans le lycée. Ils se sont aussi rendu
compte de ma connexion avec Mr. Trendard. L’ami de mon père. Du coup, ils ont
également agi en tenant compte de cet obstacle supplémentaire à leurs futurs
actions me concernant. De vrais stratèges, qui méritaient bien leur titre de jumeaux
diaboliques. Quand ils ont commencé à frapper, silencieusement, en utilisant tout
d’abord des intermédiaires sacrifiables et dévoués à leur « cause »,
ils avaient déjà tout planifié.
La toile était tendue, et je n’aurais
aucun moyen d’y échapper…
A suivre…

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