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19 déc. 2021

TEAM ROCKET ADVENTURE-Le jour où tout a foiré... (TrollPasta)

 


Comment je pourrais bien vous parler de ce jour, sans m’énerver sur le rôle actif qu’ont joué ces 2 imbéciles de Jessie et James ? Ben, c’est impossible en fait. Vu que tout est de leur faute… Et qu’à cause d’eux le monde a connu l’existence d’un cryptide de plus, et pas des moindres… Dire que tout ça est dû à l’incompétence totale de Jessie et James en matière de manipulation génétique… Mais aussi, quelle idée de ne pas sécuriser les entrées du labo, où se trouvait cette machine à l’origine du bordel qui a suivi ? J’arrive pas à comprendre que le Boss, Giovanni, arrive encore à leur pardonner, et leur avoir confié cette mission-clé, après tous les échecs dont ils sont la cause…. Non, mais franchement, à cause d’eux, les Team Magma, Aqua et Galaxie se foutent de notre gueule régulièrement. Vous vous rendez compte que ça fait plus de 20 ans qu’ils courent après le Pikachu de Sacha et ses amis ? Et quand on voit le résultat… Mais je m’égare… Je vais plutôt commencer par vous expliquer comment Jessie et James ont permis la création d’une des créatures les plus dangereuses de la planète, en pensant être capable d’utiliser une machine trop complexe pour leurs cerveaux…

 

Notez que le vrai fautif, c’est James… Ce bellâtre qui m’a remplacé auprès de Jessie… Oui, à une époque, c’est moi qui faisais équipe avec Jessie, et croyez-moi ou non, mais nos missions, c’était autre chose. On a jamais connu une seule fois l’échec. A tel point que le Boss nous surnommait parfois la Gold Team, c’est pour dire… Je crois même que le Boss et Jessie… Je sais pas… Quand ils se parlaient tout les deux, on voyait bien que y’avait pas que des rapports de chef à employée… Si vous voyez l’image… ça doit être pour ça qu’il ferme les yeux sur les catastrophes de missions engendrés par l’autre ahuri de James… S’il n’y avait pas Jessie, il y a déjà longtemps que ce petit con aurait fini dans un volcan, ou servi d’expérience…

 

Enfin, bref… Si mon partenariat avec Jessie s’est achevé, c’est parce qu’au cours d’une mission, j’ai perdu une jambe… A cause d’un dispositif sur un explosif défectueux… Entendez par là qu’il m’a sauté à la gueule plus tôt qu’il n’était prévu… Enfin la jambe… Bon, vous avez compris le truc… Et devinez QUI a mis au point le dispositif ? Eh ben ouais, ce connard de James, fraîchement arrivé dans la Team… Malgré ça, l’explosion ayant atteint ses objectifs, et fait beaucoup de dégâts, ça a impressionné le Boss. Alors qu’en fait, je suis sûr que James a dû être le premier surpris que sa bombinette ait fonctionnée… Résultat : avec une jambe en moins, je devenais has been au sein de l’Organisation, et le boss devait me trouver un remplaçant aux côtés de sa chérie de Jessie… Si, si, je vous l’ai dit, c’est évident, vu comment il la traite quand les deux rentrent à nouveau d’une mission qui a encore merdée… Il lui fait de grands sourires, comme si elle avait tout fait bien… Notez quand même qu’il n’adresse pas un regard à James dans ces moments-là…

 

Vous comprenez pourquoi j’en veux autant à James maintenant… Si j’en suis réduit à jouer les intermédiaires entre les agents et le boss, par le biais des services de communication, c’est à cause de cette petite merde à qui je dois la perte de ma jambe, et le fait de ne plus pouvoir bosser sur le terrain avec la belle Jessie… Oui, bon, j’avoue que j’avais un gros faible pour elle à l’époque… Mais j’en connais plus d’un dans l’Organisation qui se damnerait pour être avec elle… A la place de l’autre incompétent là… Tout ça parce que c’est le neveu du fils d’un ami du Boss… Pfff… Encore un qui est entré par filiation, alors que c’est une tache de premier ordre… Sans doute l’autre raison pour laquelle le Boss ne s’attarde pas sur l’échec des missions de leur duo… Et ce malgré la présence de Miaouss… Dont l’intelligence dépasse largement celle de James… Mais ça, vous le savez déjà : vous avez vu tous les épisodes de leurs aventures… A se demander comment Miaouss a pu se laisser convaincre de participer à cette expérience…

 

Bon, allez, je me suis assez attardé sur mon passé. Passons à ce qui est l’origine de ce foirage complet orchestré par James, ayant entraîné Jessie dans son délire de vouloir bien faire, et surtout se faire bien voir par le Boss, après une succession de catastrophes de mission… D’ailleurs, tout a commencé par un nouvel échec… Bon, vous avez l’habitude, ça s’est passé comme d’hab : James a eu une idée de merde, que Jessie a approuvée. Miaouss a perfectionné le plan, et James, n’en faisant qu’à sa tête, a modifié le truc à sa sauce, et a tout fait foirer… La mission consistait, une fois de plus, à s’emparer de Pikachu, lors d’une halte de Sacha et son petit groupe dans une clairière, après une nouvelle victoire au sein d’un stade Pokémon. Suivant le plan parfait de Miaouss, Jessie s’était déguisée en vendeuse de boissons pour apaiser la fatigue, et permettre une meilleure nuit. Elle était placée juste à la sortie du stade, et est parvenue à convaincre le groupe d’en acheter chacun une bouteille, pour eux et leurs Pokémon. Jusque-là, ça fonctionnait parfaitement…

 

A la sortie de la ville, vu qu’il était déjà tard, le groupe a décidé de faire une pause près d’un petit bois, et a installé son campement. Et ils ont bu les bouteilles avant de se coucher… Après avoir attendu le temps nécessaire pour que le produit fasse effet, le « trio Rocket » s’est approché du camp discrètement. Enfin… Discrètement… C’est beaucoup dire… James étant aussi discret qu’un hippopotame dans un magasin de porcelaine… Cet abruti, arrivé devant la tente de Sacha, a glissé sur une bouteille laissée au sol par un Pokémon, et atterri la tête la première sur la tente… Et c’est là que le groupe s’est aperçu de la connerie légendaire de James… Il avait mal dosé la quantité de produit dans les bouteilles… Il en avait trop mis dans les premières bouteilles, et il s’est retrouvé à court pour la dernière, qui avait donc moins de produit, et donc moins d’efficacité… Et devinez qui a hérité de cette bouteille ? Ben, oui, Sacha… Fallait que ça tombe sur lui évidemment…

 

Résultat : Sacha a été réveillé par la tente lui tombant dessus, et est sorti en trombe…

 

« Encore vous, la Team Rocket ? Qu’est-ce que vous voulez encore ? »

 

Miaouss a été le premier à parler. Moi, j’ai écouté toute la scène, parce que leurs micros étaient restés branchés. Oui, on fait comme ça maintenant, pour vérifier que James fait tout comme il faut pendant les missions, selon les ordres du Boss… Mais, malheureusement, on ne fait qu’entendre, on voit pas toutes ses conneries…

 

« A ton avis, Sacha ? On est là pour te piquer Pikachu… »

 

« Ah ouais ? Eh ben attendez, on va en discuter avec mes amis… »

 

Là-dessus, il a crié les noms de ses potes… Mais personne s’est réveillé… Pas même leurs Pokémon…

 

« Qu’est-ce que vous avez encore fait ? Pourquoi personne se réveille ? »

 

James a commencé à parler :

 

« Pour faire simple, l’admirable Jessie vous a vendu, sans que vous la reconnaissiez, de jolies bouteilles pleines d’un somnifère très puissant… »

 

« Oui… Et j’ai eu toutes les peines du monde à me retenir de rire en vous donnant les bouteilles… Grâce à mon déguisement parfait… »

 

James rajouta :

 

« Comme toujours, Jessie… »

 

Miaouss intervint :

 

« De toute façon, sans Pikachu et les autres Pokémon, tu ne peux rien faire contre nous… »

 

Sacha émit un gros sourire à cet instant :

 

« Désolé pour vous, mais Pikachu était éreinté de son combat dans l’arène, et il a passé tout ce temps depuis la sortie dans sa Pokéball… Donc, il n’a pas bu de boisson… »

 

Au même instant, Sacha fit sortir Pikachu, totalement remis de son combat de la veille, et de la fatigue qu’il avait engendré… En sortant, un peu désorienté de la situation, il s’adressa à Sacha :

 

« Pika, Pika… ? »

 

Sacha lui expliqua la situation en quelques mots. Après quoi, les sourcils de Pikachu se fronçèrent, alors que Jessie, James et Miaouss, certains de la facilité de leur plan, affichaient des mines où s’affichait une certaine angoisse. Et Pikachu de s’adresser à eux :

 

« Pika… Pika… Pikachuuuuu ! »

 

Sacha enchaîna :

 

« Pikachu ! Attaque Tonnerre ! »

 

Pikachu se para alors d’arcs électriques en grande quantité, formant un grand halo autour de lui, et avant de lancer son attaque, adressa au trio déstabilisé par la rapidité des évènements, son cri :

 

« Pika… Chuuuuuuu ! »

 

Dès lors, le trio fut frappé par l’attaque, le soulevant de terre et les envoyant tous les 3 dans le ciel, non sans que Jessie et James lancent leur célèbre phrase :

 

« La Team Rocket s’envole vers d’autre cieuuuuuux ! »

« La Team Rocket s’envole vers d’autre cieuuuuuux ! »

 

Les 3 compères atterrirent à plusieurs kilomètres de là, les cheveux et les poils ébouriffés, à moitié calcinés par l’attaque de Pikachu. Ayant du mal à se relever, Miaouss s’adressa à James :

 

« Je ne comprends pas… Pour Pikachu, d’accord, il n’a pas bu du produit… Mais pour Sacha… Tu as bien mis la même dose pour tous pourtant ? »

 

A cette phrase, James baissa la tête :

 

« Eh bien… Il se pourrait… Que j’ai en ai un peu trop mis dans les premières bouteilles… Et, du coup, la dernière n’en avait pas la même quantité »

 

Jessie s’approcha, et frappa James, pour lui signifier sa colère :

 

« Imbécile ! Il faut toujours que tu fasses n’importe quoi ! »

 

Et s’asseyant au sol, l’air désespérée, pendant que James tentait de calmer la bosse qu’elle venait de lui infliger :

 

« Et voilà, encore une mission échouée… A croire qu’on est destiné à tout louper… Si seulement on avait un Pokemon plus puissant »

 

Elle s’adressa à Miaouss :

 

« Dommage que tu ne sois pas plus grand et costaud… Sacha et Pikachu ne pourraient pas nous résister… »

 

Se tenant toujours la tête, James répliqua, comme inspiré par la phrase de Jessie :

« Il y aurait peut-être un moyen… En utilisant les gênes de Miaouss, et en se servant de la Replica 3000 du labo 3 »

 

Miaouss répondit :

 

« Je croyais qu’elle n’était pas au point cette machine, et que le Boss songeait à laisser tomber ? »

 

« Oui, j’ai entendu les mêmes rumeurs… » continua Jessie

 

James renchérit :

 

« Je sais, mais ce ne sont que des rumeurs. C’est peut-être simplement que le Boss ne veut pas qu’on fasse des super Pokémon, et garder ça pour lui… ? »

 

Miaouss répondit :

 

« Donc, tu suggères de s’introduire dans le labo 3 sans autorisation du Boss, de prélever mes gênes, de les introduire dans la machine, alors que nous n’avons tous les 3 aucunes compétences dans ce domaine, et de créer une sorte de « Super Miaouss » avec la machine, c’est bien ça ton plan ? »

 

Jessie reprit :

 

« Un Super Miaouss qui pourrait donner la patée à Sacha et les autres, ça serait génial ! Et les autres agents seraient tellement jaloux… »

 

James souriait, content que son plan intéresse ses acolytes… Malgré quelques réticences de la part de Miaouss, Jessie et James finirent par le convaincre, en lui promettant qu’il resterait toujours leur mascotte préférée, et que le « Super Miaouss » ne le remplacerait pas… Miaouss accepta. Et sachant que l’entrée aux labos n’était pas surveillée la nuit, cela faciliterait l’accès à la machine.

 

Je précise, à cet instant du récit, que je n’ai eu connaissance, comme le boss et les autres, de cette partie de l’histoire, qu’après la catastrophe engendrée par le trio, ceux-ci ayant dû avouer au Boss tous les détails de leur « idée » …

 

Après cette petite discussion, ils se rendirent à la base, afin de faire leur rapport au Boss, et signifiant leur nouvel échec, ce qui fit sortir un nouveau soupir de découragement à ce dernier :

 

« Un nouvel échec… Je me demande parfois si je t’ai donné le bon partenaire Jessie… Toi qui ne ratais jamais rien auparavant… »

 

James voulut intervenir :

 

« Vous… Vous ne voulez quand même pas insinuer que c’est à cause de moi, Boss ? »

 

Le boss se retourna alors vers James, l’air fâché :

 

« Il y a un peu de ça en effet… Je n’arrête pas de me poser des questions sur ta capacité à rester un agent de l’Organisation… »

 

Jessie voulut rassurer le Boss :

 

« C’est juste que nous n’avons pas encore réussi à trouver la faille de Sacha et ses amis. Mais ça viendra… »

 

Le Boss reprit :

 

« C’est bien ça le problème : vous vous focalisez sur la capture de Pikachu, et vous négligez les autres missions… Le plus curieux, c’est que votre pourcentage de réussite est plus élevé dans vos autres missions, quand le plan vient de moi, et que Miaouss ou Jessie le supervisent sur le terrain… Sans que James intervienne… »

 

Immédiatement, Miaouss intervint :

 

« Ça devrait bientôt changer. James a un plan d’enfer pour la prochaine mission… Vous devriez être très fier de lui… »

 

Le Boss sembla intéressé par les paroles de Miaouss :

 

« Ah, oui ? Tu m’intrigues, Miaouss…. Hâte de voir ça, et surtout assister à une 1ère réussite de James… »

 

Puis, s’adressant à Jessie :

 

« Je compte sur toi pour t’assurer qu’il ne fasse pas de nouvelles bêtises… Ce serait fâcheux pour ton avenir à toi aussi… »

 

« Ne vous inquiétez pas : cette fois, vous ne serez pas déçu du résultat… »

 

Le Boss regarda Jessie un instant, puis se retourna, avant de s’éloigner en disant : 

 

« Je l’espère, Jessie, Je l’espère vraiment… »

 

Soulagés d’avoir pu échapper une nouvelle fois à d’éventuelles sanctions de la part du Boss, concernant leur nouvel échec, les 3 compères se concertèrent en secret pour mettre au point leur équipée, prévue pour la nuit même… Ainsi, plusieurs heures plus tard, alors que seuls quelques gardes restaient dans des endroits-clés de la base, le trio se glissa vers le labo 3, aussi discrètement que possible… Et cette fois, James ne fit pas preuve de sa maladresse légendaire pour tout faire capoter… Une fois dans le Labo, ils refermèrent les portes derrière eux, fermant les loquets, afin de s’assurer de ne pas être dérangés au mauvais moment. La machine étant située dans une petite salle à part, vers le fond, les lumières ne seraient pas perçues, et ils pourraient s’adonner à leur plan en toute tranquillité…

 

Jessie se chargea de prélever un morceau de chair de Miaouss, afin de s’en servir pour créer le futur « Super Miaouss » avec la machine. Pendant ce temps, James se familiarisait avec les commandes de cette dernière, commençant à programmer les modifications à apporter aux gênes de Miaouss. La duplication impliquant de placer le « modèle original », dans une sorte de cloche en verre, collée à l’ordinateur, Jessie se chargea également de placer ce dernier à l’intérieur, avant de refermer la cloche… James venait de finir la programmation, ayant mis au maximum, les critères de force, d’agressivité et de résistance à leur future nouvelle créature. Jessie s’approchait :

 

« Tu es sûr de ce que tu fais ? Je veux dire, comment on va contrôler le « Super Miaouss » par la suite ? »

 

James souria :

 

« Ne t’inquiète pas : la machine intègre un pod de contrôle dans son corps, doté de plusieurs fonctions, que j’ai programmé également… J’y ai même mis un sous-programme très fun… »

 

« Très fun ? »

 

« Oui… Une petite musique issue d’un vieux dessin animé que j’adorais quand j’étais gosse. Quand il attaquera, la musique se déclenchera, et déclenchera encore plus d’angoisse à ceux qu’il poursuivra, quand ceux-ci entendront la mélodie… »

 

« D’accord… Je te fais confiance là-dessus… »

 

Puis, rajoutant en montrant un large sourire :

 

« J’ai hâte de voir notre « Super Miaouss » »

 

James rajouta :

 

« Moi aussi. Ah, autre chose : j’ai changé sa couleur, de façon à ce qu’on fasse bien la différence avec l’espèce de notre Miaouss. Celui-ci sera d’un noir opaque, comme s’il venait des enfers… »

 

Souriant à cette idée, James obtint l’enthousiasme de Jessie… Puis, il s’adressa à nouveau à elle :

 

« C’est prêt. Il n’y a plus qu’à appuyer sur ce bouton… A toi l’honneur, Jessie… »

 

Jessie, toute souriante de cette délicate attention de James de lui laisser le dernier geste menant à la création de leur « Super Miaouss » s’exécuta, et pressa le bouton… Immédiatement, la cloche où se trouvait leur Miaouss se remplit de fumée, envahissant le corps de ce dernier, le cachant à leur vue quelques secondes. Puis la fumée se dissipa, alors que Miaouss avait les yeux fermés, semblant endormi par cette action. 

 

Dans le même temps, la petite cavité où Jessie avait placé le morceau de chair fut comme aspiré par une sorte de trompe reliée à la cavité, puis s’engouffra dans la gigantesque machine… Des dizaines de bruits se firent alors entendre émanant de celle-ci, signifiant le processus. James et Jessie s’étaient postés à la sortie de la machine, attendant de voir sortir leur « Super Miaouss ». Et soudain, il apparut, dans toute sa noirceur, dotés de grand yeux blancs, d’une dentition légèrement déformée, composée de centaines de dents acérées, des gants blancs semblant être des continuités de ses bras, remplaçant ses mains. Si sa tête ressemblait bien à celle d’un chat, il était cependant très éloigné de celle de Miaouss, et son corps se composait d’une surface lisse et noire, avec ce qui ressemblait à des nœuds musculaires au niveau des jambes.

 

Jessie et James étaient quelque peu surpris de la forme générale de leur « Super Miaouss », très différent de l’original… Bien plus qu’il ne l’aurait pensé… La machine s’arrêta, laissant l’animal immobile sur la chaine de montage. Celui-ci commença à s’animer, regardant ses mains, puis autour de lui, comme s’il se demandait où il se trouvait. Puis, apercevant Jessie et James, il fit ce qui pouvait s’apparenter à un sourire… Mais en bien plus inquiétant… De la bave jaunâtre sortait de sa bouche, et il les fixait… Il descendit du plateau où il se trouvait marchant vers leur direction… James cherchait le pod de contrôle… A cause de la peur que lui suscitait la créature, il le laissa tomber… Et finit écrasé par le pied de leur création… Il n’avait donc plus de contrôle sur elle… Quand soudain, un garde fit son irruption dans la pièce, demandant qui était là… L’affreuse créature, voyant le nouvel arrivant, se rua dans sa direction, pendant qu’une musique, venant de l’intérieur de son corps, commença à se faire entendre… L’homme n’eut pas le temps de réagir, que déjà la créature, arrivée à sa hauteur, la prit dans une de ses mains, après avoir changé de taille, à la stupéfaction de Jessie et James, restés en retrait. Mais ce n’était que le début de l’horreur… L’homme se fit démembrer par la créature, ses bras tombant au sol, pendant qu’il criait de douleur. Mais ses cris ne durèrent pas longtemps, car il fut englouti dans la gueule du monstre créé par Jessie et James, mâchant le corps du garde, broyant ses os et sa chair, et faisant dégouliner du sang en grandes quantités sur le sol du labo…

 

Horrifiés par ce qu’ils venaient de voir, Jessie et James, se précipitèrent vers la cloche où se trouvait Miaouss, encore endormi et le sortirent… James le prit sur ses épaules, et entraina Jessie dans un coin du labo, à l’abri du regard de cette monstruosité sanguinaire, dont ils étaient les responsables… Parlant à James à voix basse, afin de ne pas être entendus par la créature, Jessie demanda :

 

« Qu’est-ce que c’est que cette… Chose ? ça ne ressemble pas du tout à Miaouss… Et pourquoi il a mangé le garde ? C’est pas du tout ce qui était prévu… »

 

James, terrorisé, ne savait pas quoi répondre :

 

« Je… Je ne sais pas… Je ne m’attendais pas à ça non plus… Je sais pas ce qu’est cette bestiole, mais c’est clairement pas un Pokémon… »

 

Pendant ce temps, la créature, qui avait encore grandie, écarta les murs de l’entrée se trouvant devant lui, laissant des marques immenses sur le sol à chacun de ses pas, et s’avançant vers la partie principale de la base… Plusieurs gardes, alertés par les bruits, se dirigèrent vers la créature gigantesque, et ce fut le début du massacre. Pris d’une folie meurtrière à la vue de tous ces hommes armés venant vers lui, la créature se déchaina… Ecrasant les uns sous ses pieds, ne laissant que des flaques immondes où se mélangeaient, chair, sang et os ; écrabouillant d’autres dans ses mains, envoyant des morceaux de jambes, de bras, et diverses autres parties de corps tout autour de lui ; dévorant au passage plusieurs hommes, leur arrachant la tête qu’il recrachait au loin, causant des cris de terreur de la part de gardes épouvantés, comprenant qu’il ne pourrait rien faire face à la puissance d’un tel monstre… Sortis du labo sans que quelqu’un les remarque, Jessie et James voyait l’étendue du désastre, complètement sous le choc… Ils observaient le cataclysme dont ils étaient les créateurs continuer son périple mortel, ravageant tout sur son passage, avant de défoncer le mur devant lui, puis s’enfuyant à l’extérieur, ne laissant que désolation et morts par dizaines derrière lui…

 

« James, qu’est-ce qu’on va faire ? Si…Si le boss apprend qu’on est responsable de la création de ce monstre… »

 

« Je sais, Jessie… C’est pour ça qu’il vaut mieux qu’on se taise… Sinon, je ne donne pas cher de notre peau… Aussi bien toi que moi… »

 

Quelques heures plus tard, le Boss ayant été prévenu de l’incident, il convoqua Jessie, James et Miaouss dans son bureau. Ceux-ci, conscients que le Boss avait dû découvrir qui avait programmé la machine pour aboutir à cette créature de mort, tremblaient quand au sort qui risquait de leur échoir… Une fois dans le bureau, le Boss s’adressa à eux…

 

« Bon, écoutez-moi… Je ne vais pas faire un long discours… Je sais que vous avez créé cette bestiole avec la machine… L’ordinateur de programmation est doté d’une caméra qui filme tout utilisateur s’en servant… »

 

Le trio se mit alors à genoux, implorant le pardon pour leur erreur, indiquant qu’ils ne voulaient que créer un Super Miaouss, le plus puissant des Pokémon…

 

Leur demandant de se relever, le Boss continua :

 

« Ça un Pokémon ? Vous rigolez ? Je ne sais pas ce que c’est, mais ça ne ressemble pas du tout à un Pokémon… Il ressemble plutôt au personnage d’un vieux dessin animé que j’ai vu étant enfant et qui me terrorisait à l’époque… Comment il s’appelait ?... Ah, oui : Cartoon Cat… »

 

James reprit la parole :

 

« Pourtant, je vous assure que j’ai bien suivi les recommandations du programme, pour créer un clone de Miaouss, mais en plus puissant… »

Le Boss se leva, et s’adressa à James :

 

« A mon avis, ton programme a dû se mélanger à d’autres, qui n’avaient pas été effacées lors des tests de la machine… Et ça a abouti à créer ce… Cartoon Cat… »

 

Il prit une grande inspiration, et parla à nouveau :

 

« Ecoutez, je vais pas vous sanctionner pour cette fois, parce que cette créature m’intéresse… Capturez-la, ramenez-la moi, et j’oublierais toutes les conneries que vous avez causées ces derniers mois… Quand aux gardes tués, vous inquiétez pas : ils n’ont pas de famille, comme tous ceux travaillant dans cette base… Une sécurité pour des cas comme celui-ci… »

 

Jessie, James et Miaouss se regardèrent, conscients d’avoir échappé à une punition grandeur nature, et d’avoir une chance de rattraper leur bourde monumentale.

 

« Merci Boss. Je vous promets qu’on le retrouvera, et qu’on vous le ramènera… »

 

« Oui, promis, Boss. Je sais pas comment on va faire, mais on le ramènera… »

 

Et Miaouss de rajouter :

 

« Et comptez sur moi pour superviser le tout, et d’arriver à réussir cette mission dans les plus brefs délais… »

 

Pour toute réponse, le Boss se contenta de leur signifier de quitter son bureau… Avant qu’ils partent, il rajouta :

 

« Souvenez-vous quand même d’une chose : je ne veux pas vous voir revenir ici sans le Cartoon Cat, c’est bien compris ? Sinon, c’est vous qui servirez de base pour la prochaine expérience de la machine… »

 

Se confondant à nouveau en excuses, et promettant de tout faire en œuvre pour ramener le Cartoon Cat, le trio sortit du bureau, et se mit à courir immédiatement vers la sortie de la base. Ils ignoraient totalement comment faire pour capturer le monstre qu’ils avaient créés, mais ils savaient qu’ils n’avaient pas le choix s’ils voulaient retrouver les faveurs du Boss, et ne pas devenir eux-mêmes des mélanges humains-Pokémon…

 

Et voilà, vous savez tout. Comment ces 3 débiles ont créé le Cartoon Cat, pourquoi il y a cette musique qui se déclenche chaque fois qu’il est prêt à l’attaque, ses capacités de changement de forme et de taille, sa folie sanguinaire, et sa propension à apprécier les grands endroits fermés… Sans doute dû au premier environnement qu’il a vu après sa « naissance », à savoir le labo… Vous savez que c’est à cause de la Team Rocket que ce cryptide d’une puissance inimaginable et probablement indestructible a été lâché dans la nature, causant terreur et morts en pagaille… Et moi, je suis chargé de les aider logistiquement, devant leur fournir le matériel demandé à chacune de leurs « brillantes » idées pour capturer le Cartoon Cat. Du coup, ils ont plus le temps de chasser Pikachu vous me direz… Ce qui est peut-être pas plus mal… ça les change d’avoir une mission sérieuse pour une fois….

 

Publié par Fabs

7 nov. 2021

L'HOMME QUI CREA SQUID GAME

 


Comment excuser l’impardonnable ? Comment pourrais-je jamais obtenir le pardon pour ce que j’ai créé ? Ce monstre hybride au parfum de morts plus atroces les unes que les autres dont les litres de sang envahissent chaque soir mes cauchemars ? Je n’ai pas voulu ça. Je n’ai pas voulu que des innocents paient pour satisfaire le voyeurisme morbide de VIP avides de spectacles mortels, sortes de clones de snuff movies à l’échelle internationale. Tout ce que je voulais au départ, c’était me venger de ceux qui m’avaient tourmenté lorsque j’étais enfant. Dans cette cour d’école de Yongsan-Gu où mon statut n’aurait normalement jamais dû me faire pénétrer. C’était une école primaire publique pour les gens du peuple, pas pour les gens d’une classe sociale comme la mienne. Seulement, mes parents n’ont eu d’autre choix que de m’y placer pour mes études. Les autres établissements ayant tous refusés de me prendre, du fait de la réputation sulfureuse de mon père, à la suite d’un scandale ayant fait la une des journaux à l’époque. Celui-ci avait eu une relation adultère avec son attachée de presse, plongeant notre famille dans la honte, une fois celle-ci révélée.

 

Au départ, mon père pensait qu’il s’agissait de l’œuvre d’un journaliste freelance ayant des entrées un peu partout. Mais c’était bien plus complexe que ça. Mon père était un homme politique brillant, qui faisait la fierté de son parti. Et attirait aussi la jalousie, au vu de sa popularité grandissante, des partis opposés. Ils ont alors fomenté un plan machiavélique pour le faire tomber, et discréditer le parti qu’il représentait. Ahn Kyong-Hee avait été choisie comme élément pour cette chute. Cette jeune fille de 21 ans avait pour objectif de se faire enrôler par mon père, et de le séduire. Par n’importe quelle méthode. Je ne connais pas tous les détails de l’histoire, étant trop jeune pour être mis au courant, mais Kyong-Hee parvint à ses fins, lui faisant oublier qu’il était un homme marié respectueux de son épouse par d’habiles subterfuges. Elle s’était arrangée pour que leurs ébats soient filmés, avec la complicité du personnel de l’hôtel où ils s’étaient rendus, à la solde du parti à l’origine de toute l’histoire…

 

Je pense que vous avez déjà compris ce qui s’est passé par la suite. Kyong-Hee a fait parvenir une copie de la vidéo à plusieurs organismes de presse. Des magazines spécialisés dans les potins de personnalités diverses, toujours en quête de scoops exclusifs, et se moquant bien des répercussions que leurs articles pouvaient engendrer sur la dignité de leurs cibles. En seulement quelques jours, la réputation de mon père passa de modèle à celui de paria national. Ma mère étant bouddhiste, elle lui pardonna son écart, comprenant qu’il s’était fait manipuler par cette fille en tout point. Je vous laisse deviner ce qui arriva par la suite. Mon père fut renvoyé de son parti, toutes ses connaissances politiques lui tournèrent le dos les unes après les autres, ses propriétés immobilières saisies par la justice enquêtant sur l’affaire, ses fonds gelés. Nous avons dû déménager de Gangnam à celui de Yongsan-Gu, faute de moyens suffisants pour prétendre à autre chose. Nous étions devenus ceux qu’on montre du doigt, la norme de mentalité faisant que si un membre d’une famille fait une faute, les autres membres sont considérés comme tout aussi fautifs, et dénigrés de toute part.

 

C’est ainsi que j’ai atterri dans cette école, au milieu d’élèves de classes sociales défavorisées où je ne me sentais pas à ma place. Etant d’une nature réservée, j’avais beaucoup de mal à aller vers les autres, afin de me faire des amis. Dans la cour de l’école, j’étais toujours à part, sur un banc isolé, jouant seul avec ma petite console portative, ma seule amie. Mes parents s’étaient assurés du silence du directeur de l’école afin que mon identité ne soit pas révélée, s’arrangeant de faire changer mon nom de famille en un autre, pour éviter que je sois la cible de mes camarades, à cause de la mauvaise réputation de mon père, notre nom étant source de railleries sur les réseaux sociaux, où montage photos et autres parodies discriminatoires étaient publiées en permanence. Sans compter la fameuse vidéo qui tournait pratiquement en boucle sur les plateformes de partages. Mon père n’ayant plus le moindre pouvoir politique, il n’avait pas la possibilité de la faire interdire. De toute façon, ça n’aurait pas servi à grand-chose, au vu du nombre de copies existantes. En interdire une, n’aurait fait qu’amplifier le phénomène, et dès le lendemain, 3 autres copies auraient fait le tour des médias.

 

C’est pour éviter que je subisse le contrecoup de tout ça que le directeur de l’école accepta de modifier mon nom de famille. Cependant, à cause de mon habitude de m’habiller de vêtements bien au-dessus des moyens des élèves de l’école, je finis par semer le doute sur mon appartenance sociale par rapport à eux. Bientôt, des allusions de « petit riche » commencèrent à circuler. Puis ce fut des rumeurs faisant boule de neige, me désignant comme le fils d’un gangster. Seule raison, pour eux, pour que j’ai des habits aussi luxueux par rapport à eux. Sans compter ma console hors de prix pour une classe sociale à laquelle j’étais censé appartenir. Il ne fallut pas longtemps pour que mon secret soit éventé. Je ne sais pas comment, ni par qui, mais bientôt mon vrai nom de famille fut révélé, malgré les efforts du directeur en disant le contraire à ceux qui lui posaient la question si c’était vraiment le fils du fornicateur politique, le quolibet donné pour désigner mon père, qui était dans l’établissement. Cette révélation parvint à certains parents, s’insurgeant de ma présence auprès de leurs enfants. Le phénomène de haine enfla, et je fus bientôt devenu la cible de mes camarades qui ne se contentaient plus de m’insulter ou de se moquer de moi ou usant de gestes déplacés, parlant de mon père. Ils passèrent à une autre étape.

 

Une étape où les humiliations au sein de la cour d’école fusèrent. Me faisant tomber volontairement dans des flaques de boue, déchirant mes vêtements, me volant mes chaussures, m’obligeant à rentrer chez moi pieds nus ou en chaussettes, selon le désir de mes racketteurs. S’il n’y avait eu qu’une ou deux personnes contre moi, peut-être aurais-je eu la volonté et la force de m’opposer à eux. Mais que peut-on faire contre une école entière ? Les « punitions » devinrent de plus en plus violentes, montant d’un cran à chaque fois, utilisant des jeux à priori innocents en tortures mentales et physiques. Je fus suspendu par les pieds au lieu où étaient pratiqués les épreuves de grimper de corde ; on m’obligeait à rester immobile contre un mur pendant qu’on me lançait des billes sur tout le corps. Ceux qui parvenaient à toucher certaines parties avaient le plus de points. Les yeux permettaient d’avoir le maximum, ainsi que l’entrejambe. Je ne compte plus le nombre de fois où je suis rentré chez moi, parsemé de bleus, les cachant à mes parents, pour ne pas qu’ils s’inquiètent, ayant déjà bien assez de soucis à régler de leur côté. Je refusais d’être un fardeau de plus pour eux.

 

Les sévices continuaient de plus belle, m’obligeant à participer à des parties de balle au prisonnier où l’objectif était déformé. Les participants devaient me toucher le plus grand nombre de fois en me faisant tomber sous l’effet de l’impact. Si je ne me relevais pas vite pour subir de nouvelles frappes, c’était encore pire, subissant des lancers plus rapprochés en très grand nombre… On m’a fait participer au jeu de la bouteille. Mais ici, chaque personne désignée gagnait le droit de m’infliger des coups, ou bien de me piquer le corps avec des aiguilles, comme celles utilisées pour découper les gâteaux dans un jeu au départ dénué de toute méchanceté. Mais entre les mains de mes tortionnaires, cela devenait un objet d’une énorme souffrance, prenant un malin plaisir à cibler les parties les plus douloureuses de mon corps. Je vous passerais le détail des nombreux autres « activités amusantes » de mes camarades…

 

Et puis, un jour, ils gravirent un autre échelon. Gravant sur mon front, à l’aide d’un couteau, les formes géométriques figurant sur les boutons de la manette de la console auquel je jouais en cachette, à leur insu, quand je parvenais de rares fois à échapper à leur folie. Un rond, un carré et un triangle furent ainsi tracés sur mon front, faisant couler du sang le long de mon visage, alors que les élèves riaient en me regardant pleurer de douleur. Cependant, cette fois, leurs actes ne purent pas être cachés de par ma volonté. Mes parents déposèrent plainte envers l’école, et m’en retirèrent. Mais le mal était fait. J’avais déjà développé en moi cette haine de l’école et ses jeux censés être innocents, mais qui pour moi représentait le summum de la souffrance, de par leur utilisation déformée. Et plus que tout, je voulais me venger de tout ceux qui avaient participés à ces épreuves sadiques. Des épreuves. C’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit en me remémorant parfois cette partie de mon passé, alors que je grandissais. Les années passèrent, je me forgeais un avenir, grâce aux efforts de mes parents, aidés en cela par le souvenir du scandale s’étant estompé au fur et à mesure du temps.

 

Mon père, peu rancunier, parvint à renouer avec certains de ses anciens partenaires. Afin de m’aider à m’élever, et montrer que notre famille pouvait se relever. Cela prit du temps, des années d’apprentissage des différentes facettes de l’économie coréenne, des techniques propres au pouvoir politique. Mais je parvins au firmament de ce système qui avait brisé mon père et ma famille des années auparavant. C’est lors de cette période que je fis la connaissance d’un homme, que je considérais très vite comme un ami. Au fur et à mesure de notre relation, je fus amené à lui parler de mon enfance, et des tortures que j’y avais subi par cette caste inférieure qu’étaient les classes sociales moyennes, voire très basses, que je haïssais de toute mon âme. Durant mon ascension, j’obtins très vite la réputation d’homme sans cœur, n’accordant aucun intérêt aux actions publiques d’aides aux miséreux. Jamais de dons, jamais de bonnes paroles à leur encontre. Certains me méprisaient pour cela, mais j’étais inattaquable, car faisant partie des 10 personnalités politiques et économiques les plus puissantes du pays. Juste devant moi, il y avait mon ami. Je lui avais parlé de mon désir de vengeance, de ce que mes camarades m’avaient fait subir à mon école. Et c’est là que je lui indiquais que j’aimerais leur faire subir ce qu’ils m’ont fait, en utilisant ce qu’ils aimaient, et dont ils s’étaient servis pour me torturer…

 

Ces fameux jeux que tous les enfants adorent dans les cours d’école allaient devenir une série d’armes et d’épreuves pour un jeu sans égal, dont la figure de proue serait le jeu du calamar, celui où j’avais subi les sévices les plus durs, de par ses règles stupides, où j’étais frappé à chaque fois qu’un participant parvenait à franchir une étape, quel que soit le « clan ». Comme une « récompense ». Le summum étant quand quelqu’un parvenait à atteindre la tête du calamar. Celui qui y était parvenu obtenait le droit de me frapper sans discontinuer pendant 2 minutes. 2 minutes, ça peut vous sembler court, mais quand vous êtes parsemé de coups de poing, de coups de pieds, de griffures… ces 2 minutes vous semblent interminables… A force de discuter avec mon ami, commença à se former dans ma tête l’idée de créer une série d’épreuves à l’image de ce que j’avais subi enfant. Mais à une plus grande échelle. A un niveau de souffrance adulte. Cet ami s’appelle Il-Nam, et il est maintenant à la tête d’une véritable organisation, en passe de devenir internationale, où meurtres et sévices font le bonheur de clients fortunés qui regardent le sourire aux lèvres des pauvres bougres sans le sous se faire massacrer aux cours d’épreuves mortelles et sanglantes…

 

Je vous l’ai dit, niveau fortune, il était au-dessus de moi, et surtout c’était un stratège de génie, et possédant un réseau interdit de combats à mort. Des combats où étaient recrutés des gens en quête d’argent, placés au centre de sortes d’arènes modernes, où deux adversaires, parfois plus, s’affrontaient. Le vainqueur était censé remporter une somme colossale mise en jeu. Somme qui augmentait au fur et à mesure des jours, pour chaque participant « éliminé ». Mais toute la subtilité du jeu était que ces combats se basaient sur le principe de vaincre un « champion », au service d’Il-Nam. Une bête de combat, féroce et imbattable. Personne a ce jour ne l’a encore battu, générant des produits monstrueux pour Il-Nam, chaque combat étant retransmis via les écrans de VIP appartenant à des strates du pouvoir très hautes. Hommes politiques, acteurs, chefs d’entreprises, avocats, banquiers. Tous avides de sensations fortes pour faire disparaitre leur ennui de la vie quotidienne. Au même titre qu’Il-Nam, ayant en lui ce même ennui de sa vie, où l’argent ne suffit plus à le distraire. Quand je lui ai évoqué l’idée de me venger de mes tortionnaires d’antan à travers des épreuves basées sur des jeux de cour d’école, j’ai vu ses yeux briller.

 

Nous avons longuement discuté à ce sujet. Plusieurs fois, sur plusieurs semaines. Je lui évoquais le type d’épreuves auquel je pensais pour servir de moyen de vengeance, et aussi sur mon désir de retrouver tous ceux qui m’avaient fait souffrir enfant, afin de leur faire subir la même chose à plus grande échelle. Il s’est révélé très intéressé par ce concept, et m’a indiqué qu’il ferait tout pour que ma vengeance s’accomplisse. Que je pouvais compter sur lui à ce sujet. C’est ainsi que tout a commencé. Il-Nam s’est chargé de tout, en fin organisateur qu’il était. Il avait remarqué, depuis le début de notre relation, que je portais toujours un bandeau sur le front, à toute heure, toute saison, sans jamais l’enlever. En tout cas en public. Un jour, il me demanda pourquoi. Je ne lui avais pas parlé de ce moment pénible, le plus douloureux de tous, que j’avais subi, qui, paradoxalement, m’avait permis de m’enfuir de leurs griffes par la suite. Il vit les signes gravés sur mon front, et je le vis les reproduire sur une de ses cartes de visite, les uns après les autres, dans le même ordre qu’ils apparaissaient sur mon front. C’est ainsi que lui est venu l’idée de cette hiérarchie. Ce « code » géométrique désignant les différentes classes des futurs gardes chargés du bon fonctionnement du futur jeu qui se mettait en place peu à peu.

 

Tout le reste s’est enchaîné très vite. Il me fit visiter un complexe construit en seulement quelques semaines, à quelques kilomètres de Séoul, se constituant d’un dôme sous lequel se trouvait un grand terrain. Et sous ce terrain se trouvait quasiment une véritable petite ville, constituée d’autres terrains, d’un dortoir immense, de cellules pour les futurs gardes chargés de surveiller l’ensemble des épreuves, et d’autres pièces réservées pour des fonctions, dont, à l’époque, je ne comprenais pas l’utilité, et dont il me demandait de ne pas m’en préoccuper, n’étant, selon ses propres mots, que des « détails » sans importance. En fait, il s’agissait des ateliers où étaient dissimulés des incinérateurs pour se débarrasser des futurs corps des victimes. D’autres pièces servaient à confectionner les éléments des futures épreuves ; ailleurs seraient construits les cercueils, entreposés les armes et tenues des gardes ; ainsi que des pièces servant pour la partie administrative, comprenant serveurs informatiques, dossiers, ordinateurs. Tout le nécessaire pour faire fonctionner une véritable petite entreprise à l’insu de tous. A ce moment, j’étais loin de m’imaginer dans quelle horreur je m’apprêtais à participer malgré moi, dépassant mon désir de vengeance tel que je le concevais dans ma tête.

 

Il-Nam évitait soigneusement de me parler des détails du « Projet Squid Game », tel qu’il le désignait, évitant certaines questions, en m’indiquant que ce n’était pas important, et qu’il m’en parlerait le moment venu. Que cela faisait partie de la surprise qu’il voulait me faire ressentir quand débuterait le premier jeu. Le point de départ d’une nouvelle ère de divertissement, qui donnerait une autre dimension au sens du mot « jeu ». Et qu’à l’image de celui qui m’avait fait tant souffrir enfant, et qui constituerait l’épreuve finale, il s’appellerait « Squid Game », en référence au jeu du calamar. L’idée d’utiliser l’anglais venait de lui également. A ce moment, il avait déjà en tête une extension internationale, et il lui fallait un nom qui parle à tous. Comment aurais-je pu imaginer un seul instant que ce jeu allait prendre des proportions aussi titanesques en termes d’organisation et d’ampleur dans le macabre, étendant le principe de jeu dans ce qu’il a de plus sadique, sanglant et abominable ?

 

Quoi qu’il en soit, il se passa encore 3 mois avant qu’Il-Nam me contacte, me disant que ma surprise était prête, que le premier « Squid Game » allait pouvoir enfin commencer, et que j’en étais, bien évidemment, l’hôte d’honneur. Qu’il était impatient de voir ma vengeance s’accomplir à un niveau qu’il n’aurait jamais soupçonné… Et il avait bien raison…. Jamais je n’aurais pu imaginer un tel spectacle. Tout ce que je voulais, c’était me venger de mes anciens tortionnaires, et dans le même temps, de cette classe sociale que je détestais tant, car elle était à l’origine de ma souffrance à cette époque. Mais ce que je vis ce jour-là, quand Il-Nam m’invita à la « Première », était totalement opposé à l’idée que je m’étais fait pour me venger. Il-Nam me fit monter dans une sorte de centre de contrôle, où se trouvait un gigantesque parterre d’écrans, dont les images étaient relayées par des caméras situées dans différentes pièces. Dans l’une d’elles figurait l’immense dortoir qu’il m’avait montré lors de ma première visite. Sauf que cette fois, les lits n’étaient pas vides…

 

Au total, 60 personnes étaient présentes, qui se réveillèrent les unes après les autres, comportant une sorte de tenue ressemblant à celle de prisonniers. Avec même des numéros sur chacun d’eux. Je crus reconnaitre certains d’entre eux, malgré leur âge adulte. Il-Nam me confia que tous ces gens étaient ceux qui m’avaient torturé étant enfant. Il les avait fait approcher par des rabatteurs, leur proposant de participer à une série d’épreuves pouvant leur assurer de ne plus jamais avoir de problèmes financiers de leur vie. En toute discrétion. Aucune des personnes présentes au sein du dortoir ne savait où ils se trouvaient. Il s’en était assuré.

 

Puis, l’un des gardes, portant une tenue de la même couleur que celle qui arborait ma console portative quand j’étais enfant, prit la parole, expliquant en quoi consistait le principe des épreuves pour toucher une somme convenue, sous forme d’une sorte de boule transparente, ou tomba bientôt une pluie de billets de banque. Je regardais à nouveau la tenue des gardes. Cette couleur, rose, me faisait revenir en arrière. Une erreur de ma mère en la commandant. Elle avait coché la mauvaise case pour le choix de la couleur. Et je n’avais jamais osé rien dire à ma mère, de peur de lui faire de la peine. Avec le temps, je m’étais fait à cette couleur, même si celle-ci avait aussi fait partie des moqueries de mes camarades à l’époque, me faisant traiter de « petite fille », ou me demandant si j’avais la culotte assortie sous mon pantalon. 

 

Ce genre de blagues débiles dites par des esprits ne volant pas bien haut. Bref, voir cette couleur sur la tenue de ces gardes me faisait bizarre. Je supposais que ça faisait partie des nombreuses références à mon passé qu’Il-Nam tenait à mettre en avant. Tout comme les formes géométriques, carré, rond, triangle, sur le front des tenues. Même l’endroit où était apposés ces signes n’était pas dû au hasard. Sacré Il-Nam. Je me demandais jusqu’où il avait poussé le souci de réalisme de mon passé ? Je n’allais pas tarder à comprendre que cette similitude s’arrêtait à ces petits détails. Ce que j’allais voir par la suite n’avait plus rien à voir à ce que j’imaginais en termes de vengeance… Si mon idée était juste de leur faire peur, de leur faire comprendre leur erreur, de leur montrer le pouvoir que j’avais acquis sur eux durant toutes ces années séparant les tortures, dont ils étaient coupables jusqu’à aujourd’hui, Il-Nam, lui, avait une toute autre idée derrière la tête, comme j’allais m’en rendre compte, impuissant au massacre qui allait se dérouler sous mes yeux.

 

Pour la première épreuve, les 60 participants furent menés au-dehors, par les gardes, sur le terrain extérieur sous le dôme. Celui-ci s’ouvrit, afin de laisser la lumière du soleil se déposer sur son sol. Une voix expliqua les règles du jeu, qui consistait en une balle au prisonnier. 3 groupes de 20 personnes fut constitué, suivant leur chiffre porté sur leur tenue. Chaque groupe fut disposé sur les 3 terrains, puis à nouveau séparés en 2 groupes de 10 personnes. Un ballon au milieu de chaque terrain. L’objectif, comme toute balle au prisonnier, était d’éliminer l’équipe adverse en touchant les personnes qui la composaient. Jusque-là, je ne voyais pas trop en quoi cette épreuve constituait une forme de vengeance. Il-Nam me demanda de patienter. Que j’allais vite comprendre. Et effectivement, à peine le jeu commença que je compris très vite… Le ballon n’était pas qu’un simple ballon. Il possédait à l’intérieur une fiole de Nitroglycérine. Quand une personne était touchée par le ballon, la nitro explosait sous le choc, réduisant le corps à l’état de charpie, éparpillant des morceaux de chair, d’entrailles et de sang partout autour, se déversant sur les autres participants, horrifiés.

 

Plusieurs, après cette vision d’horreur, tentèrent de sortir hors du terrain assigné, malgré les consignes annoncées en début de jeu, que tout joueur sortant du terrain en cours de partie, serait automatiquement éliminé. Eliminé… Un terme à priori anodin quand on parle de jeu. Sauf que là, ça prenait une tournure toute autre. A peine dépassé la ligne du terrain, ceux voulant partir furent immédiatement abattus par des mitraillettes dissimulées tout autour de l’aire de jeu. Une voix répéta que toute personne sortant du terrain serait éliminée. Et ce n’est pas tout. Le temps de jeu… Chacune des 3 parties en cours étaient régies par un temps de 15 minutes. Une fois le temps imparti, l’équipe comportant le moins de joueurs restant, serait éliminée totalement. Eliminée… Encore ce mot. Déformé par la vision d’Il-Nam. Je lui demandais alors ce que ça signifiait. Que je n’avais jamais parlé d’un tel massacre. Que je ne voulais pas me venger de cette manière.

 

Il-Nam me rappela qu’il m’avait fait signer la semaine d’avant un document où je m’engageais à ne pas intervenir, de quelque manière que ce soit, pendant la durée des jeux, sous peine de sanctions économiques et physiques. Sur le coup, faisant totalement confiance à Il-Nam, je n’avais pas perçu toute la teneur de ces lignes sur le contrat… Je ne comprenais que maintenant ce à quoi je m’étais engagé. Ce n’était pour lui rien de plus qu’une version améliorée de ses combats clandestins dont il m’avait fait part, sachant que je ne m’abaisserais pas à le dénoncer les concernant, trop soumis à ce qu’il organise ma vengeance tant espéré…

 

Si j’avais su ce que ces mots signifiaient à ce moment… Résigné, je me tus alors, assistant à la suite du jeu, où chaque ballon explosant était remplacé par un autre, via une trappe située dans le sol, au milieu de chaque terrain. Le massacre fut effroyable. Une succession de corps explosant, tous plus horribles les uns que les autres, transformant ce jeu en une terreur sans nom gorgée de sang. Au final, après cette première épreuve, il ne resta que 14 participants. 12 furent abattus en tentant de sortir du terrain de jeu. 29 par explosion du ballon reçus. Les 6 derniers pour avoir eu le malheur d’avoir un nombre inférieur à l’équipe en face d’eux. Et donc éliminés jusqu’au dernier….

 

Je fus pétrifié d’horreur en voyant ça, pendant que les gardes accompagnaient les survivants jusqu’à leur dortoir. D’autres gardes étaient chargés de « nettoyer » le terrain, entreposant les restes, du moins ce qui était récupérable, dans des cercueils noirs, comportant un ruban rose. Encore cette couleur. Je la détestais de plus en plus. Il-Nam, lui, avait le sourire aux lèvres, satisfait de ce qu’il avait vu. Il m’invita à me rendre à ma chambre, indiquant que la prochaine épreuve se déroulerait demain. Et me conseillant de ne pas chercher à m’enfuir. Il me rappela de quelle manière il « tenait » les participants à ses combats clandestins. Chaque participant, une fois signé le contrat les engageant, ne pouvait pas faire marche arrière. Si l’un se désistait au moment d’entrer dans l’arène, sa famille devenait la cible d’un assassin spécialement engagé, afin de l’obliger à combattre et respecter son engagement. Il me précisait que ce serait la même chose ici.

 

Au même moment, un sniper suivait les faits et gestes de mon épouse et ma petite fille. Dès l’instant où j’aurais mis le pied en dehors du complexe, elles seraient abattues toutes les deux. Je me rendis compte à ce moment de la véritable personnalité d’Il-Nam, un monstre caché sous le masque d’un visage souriant, et je ne pus qu’accepter « ses » règles. Car ce n’était plus les miennes. Il se les étaient appropriées, y voyant un moyen de faire fructifier ses ressources, et vaincre son ennui, ainsi que celui de nombreux VIP. Car il était évident, qu’à l’image de ses combats clandestins, que les jeux étaient retransmis à de riches clients, avides de ce type de divertissement mortel…

 

Les jours suivants, j’assistais donc à la 2ème épreuve, obligé malgré moi d’assister à une nouvelle étape de terreur. Cette fois, les participants devaient grimper une corde, et parvenir jusqu’en haut, alors que le feu était mis à la corde 30 secondes après qu’ils aient commencé à grimper. S’ils atteignaient le haut avant d’avoir été rejoint par le feu, ils gagnaient, et n’avaient qu’à se laisser tomber au sol, où se trouvait des gardes chargés de le réceptionner à l’aide d’une grande bâche. Si le participant sautait avant d’avoir atteint le haut, où se situait le but à atteindre, il s’écrasait au sol, dans une gerbe de sang et de craquement d’os. Si, par miracle, il survivait à cette chute, il était immédiatement abattu par un garde. S’il était rejoint par le feu avant d’atteindre le haut, il brûlait. 8 survécurent à cette épreuve. Je me demandais comment j’avais pu me rendre complice d’une telle horreur. Je me retenais de pleurer, en voyant ce spectacle monstrueux.

 

 Mais je ne pouvais rien faire pour l’arrêter, et je me voyais obligé de suivre les épreuves suivantes. Le 3ème jour, c’était une épreuve de saut à la corde. Les participants devaient sauter aussi longtemps que leur indiquait le temps imparti. Pendant 20 minutes, ils devaient supporter le rythme imposé par deux machines tenant les extrémités de la corde. Mais ce n’était pas tout. Le saut se faisait au-dessus d’une poutre d’à peine 1 mètre de diamètre, et le rythme s’accélérait au fur et à mesure. Si le joueur se loupait, dès l’instant où il tombait au sol, ou bien qu’il s’arrêtait de sauter, ne pouvant plus tenir le rythme, il était abattu par un des gardes. A la fin de cette épreuve, il ne restait que 3 participants. La pression que je ressentais à la fin de chacune de ces épreuves me tiraillait de plus en plus. Je me sentais l’âme d’un meurtrier. Coupable d’avoir été manipulé par Il-Nam que je pensais être un ami, un confident, capable de m’écouter et de comprendre mes ressentiments, alors qu’il n’a vu dans mon passé que le moyen de se divertir lui et les autres malades lui servant de clients. Ces VIP au cerveau aussi retors que lui, se complaisant dans un voyeurisme malsain.

 

Le 4ème jour signa la fin de ce cauchemar. Il-Nam m’indiqua qu’au départ il avait prévu plus d’épreuves, mais qu’au vu du nombre de participants restant, il était obligé de passer à l’épreuve finale. Précisant qu’à l’avenir, il faudra qu’il pense à « inviter » plus de concurrents pour pimenter l’intérêt de ses clients. Je le regardais alors, le visage encore plus blême que ce qu’il avait été. Avais-je bien compris ? Je ne comprenais pas. Je croyais que ce… spectacle était juste destiné pour cette seule et unique fois. Pour ma vengeance. Et là le couperet tomba. Il-Nam me signifiant qu’il se foutait royalement de ma vengeance, tout ce qui l’intéressait, c’était le potentiel qu’il pouvait tirer du Squid Game. Me demandant si j’avais vraiment cru qu’il avait dépensé tout cet argent, pris tous ces risques, juste pour me permettre d’obtenir réparation pour des torts que tout le monde avait oubliés, et qui n’ont strictement aucun intérêt. En tout cas, en ce qui le concernait. Il s’était intéressé à mon histoire et mon projet simplement parce qu’il y avait vu un nouveau type de divertissement unique, et que les résultats obtenus, rien que pour les 3 premiers jeux, dépassaient toutes ses espérances, et qu’il était hors de question de s’arrêter là. Que le Squid Game allait devenir une vraie poule aux œufs d’or, en plus de s’assurer de le distraire à un très haut niveau.

 

 Il envisageait déjà de prendre un Maître de Cérémonie pour gérer l’organisation des jeux de la branche coréenne, et il avait déjà en tête d’étendre le principe dans d’autres pays. Pour lui, c’était l’idée du siècle en matière de divertissement, et il me remerciait de lui en avoir fourni les bases. Au départ, il avait pensé me confier ce rôle de gérant de ce site, mais au vu de ma réaction au cours des jeux, il avait compris que ça ne serait pas possible. Que jamais je ne m’impliquerais davantage. En cela il avait entièrement raison. Je refusais de devenir complice de ces meurtres de masse. Ce n’était rien d’autre. Ce n’était pas de la vengeance. Ce n’était pas un jeu. C’était de la barbarie à l’état pur… Malgré tout, obligé par contrat à assister à l’ensemble de ces premiers jeux du Squid Game, j’observais le lendemain l’épreuve finale. Une version du jeu du calamar, ayant donné son nom à ce jeu de mort que j’avais contribué à créer. Les 3 survivants tenaient à peine sur leur jambes, rongés par les blessures multiples accumulées lors des 3 épreuves précédentes, la fatigue, la peur et l’incompréhension de tout ce qu’il leur arrivait.

 

Mais ils savaient qu’ils devaient continuer pour que tout s’arrête, et ils s’engagèrent alors dans le jeu. Je me souvenais qu’il fut un temps où j’appréciais énormément ce dernier. Avant qu’il devienne synonyme de peur et d’angoisse à cause de mes camarades, cette fameuse année où j’ai connu la crainte de vivre à chaque jour qui passait. Et là, je voyais un premier tomber au sol, éventré par un des couteaux fournis par les gardes au début de l’épreuve, sans pouvoir se relever, et baignant dans son sang. Pendant que celui qui l’avait poignardé commençait à peine à réaliser qu’il avait tué un être humain, le 3ème s’approcha de lui, et sans l’once d’un remords, lui planta son couteau dans le cou, faisant projeter des gerbes de sang devant lui, pendant qu’il suffoquait, avant de tomber à genoux sur le sol poussiéreux. Quelques secondes plus tard, il tombait complètement, emporté par la mort. Le vainqueur souriait, persuadé d’avoir gagné le droit de partir riche et en vie. Mais ce premier Squid Game était particulier. L’argent n’était là que pour appâter. C’était surtout un test pour voir le potentiel qu’il pouvait engendrer. Et surtout, malgré ses dires, Il-Nam tenait à ce que je sois vengé jusqu’au bout. Je pensais avoir vu le pire depuis le début des jeux. Je n’imaginais pas que l’horreur n’était pas encore finie…

 

Il-Nam m’invita à descendre avec lui, afin de rencontrer le grand gagnant de ce premier Squid Game, alors que celui-ci, son forfait accompli, s’était rendu au sein de la tête du calamar du jeu tracé au sol, attendant naïvement sa récompense. Quand il me vit m’approcher, aux côtés d’Il-Nam, sans doute l’espoir, l’espace d’un instant, avait commencé à se reformer en lui. Mais cela ne dura qu’un instant. Une fois arrivé aux côtés de l’homme restant, Il-Nam me confia un pistolet, m’indiquant qu’il n’y avait qu’une seule balle à l’intérieur. Donc, 5 chances sur 6 que le gagnant obtienne vraiment le droit de partir. Si j’acceptais de faire cette variante de la roulette russe, ma famille serait sauvée, quelque soit le résultat. Que la balle sorte ou non, tuant le malheureux en face de moi, je serais libre. De par le document que j’avais signé, lui octroyant les droits d’utilisation du jeu, les tenues, les règles, tout… Il ne me resterait qu’à vivre avec ma culpabilité au fond de moi. Je savais que je n’avais pas le choix, pendant que l’homme en face de moi voyait ses bras tenus par deux gardes, criant à l’injustice. Qu’il avait gagné. Il avait gagné le droit de vivre.

 

Je pris le pistolet tendu par Il-Nam, frissonnant de partout, la sueur perlant sur mon visage, envahi par la terreur. Je me disais : après tout, pourquoi la balle sortirait ? Il n’y a qu’une chance sur 6 que ce soit le cas. Je surmontais mes tremblements, augmentant de plus en plus au fur et à mesure que ma main s’approchait de l’homme. Je posais le canon sur sa tempe, et appuyais sur la gâchette…. La détonation qui s’en suivit fut la pire de toute pour moi… Je vis le corps de l’homme s’effondrer à mes pieds, ne bougeant plus… Je venais d’ôter sa vie… J’avais tué cet homme de sang-froid. A aucun moment, je ne me suis imaginé que la balle sortirait, persuadé, toujours avec ma foutue naïveté, qu’il était impossible d’avoir une telle malchance. Je suis tombé à genoux l’instant d’après, les yeux dans le vide. Je ne me rappelle pas ce qui s’est passé ensuite. Sans doute mon cerveau s’est-il bloqué à cet instant précis, refusant d’en voir plus. Mais j’ai toujours ce son en tête. Celui de la détonation faisant sortir la balle du pistolet, avant de s’enfoncer dans le cerveau de cet homme. Ce même homme qui avait été un de mes tortionnaires, alors qu’il n’était qu’un enfant…

 

Qu’étais-je censé faire ? Parler à la police ? Avouer que j’étais l’initiateur de toute cette horreur ? Qui me croirait ? Je n’avais aucune preuve attestant de l’existence du Squid Game et ses installations. Quant à Il-Nam, son armée d’avocats me broierait à l’instant même où j’entrerais dans une salle d’audience. En supposant que l’on porte crédit à mes accusations. Ce qui avait très peu de chance d’arriver. Alors je restais là, perdu dans mes pensées, sur le lit de cette chambre d’hôtel, essayant de me persuader que tout irait bien désormais. Je remarquais une télévision devant moi, avec un petit mot dessus, m’invitant à regarder le DVD dans le lecteur en-dessous. J’hésitais un moment, paniqué à l’idée de ce que j’allais y découvrir. Quelle nouvelle monstruosité m’attendait sur cet écran ? Je lançais le DVD malgré tout. Et là, mon cœur s’est arrêté. Sur l’image, je voyais les corps de ma femme et ma petite fille, étalées sur le sol, se noyant dans leur sang. Puis Il-Nam apparut, indiquant que j’avais fais une erreur d’envoyer un message à mon épouse pour lui dire de ne pas s’inquiéter, alors qu’il m’avait bien précisé de n’envoyer aucune information à l’extérieur du complexe.

 

Mon épouse avait trouvé mon message bizarre et en avait parlé à un inspecteur. Un pourri à la solde d’Il-Nam, qui lui avait évidemment rapporté l’histoire. D’où cette exécution sans préavis. Il-Nam précisa qu’il ne tenait pas à faire de même avec moi, ne serait-ce que par reconnaissance de lui avoir offert l’idée du Squid Game. Néanmoins, il ne verrait aucune difficulté à envoyer un de ses hommes le faire à sa place. J’avais rompu le pacte de silence, et je devais en payer le prix. Cependant, il y avait une alternative. Il y avait un pistolet sur la table de nuit où je me trouvais. Le même qui avait servi pour le dernier jeu. Cette fois, le barillet était rempli totalement. Il-Nam n’ajouta rien de plus, et la vidéo s’arrêta. J’ai réfléchi de longues heures avant de me décider à faire ce qui serait ma libération. Mais avant ça, j’ai écrit mon histoire sur ce blog, espérant qu’un jour quelqu’un le lirait, croirait son contenu, et aurait le courage d’en parler autour de lui, afin de parler de ce jeu délirant et mortel qu’est le Squid Game. Ce jeu de mort dont je suis le créateur inconscient. Je sais qu’Il-Nam a l’intention de le développer. Avec plus d’épreuves, plus de participants. Comptant sur le désespoir de personnes ne voyant que ce jeu pour compter voir une issue à leur vie.

 

C’est toute la puissance du Squid Game. Je suis persuadé que beaucoup s’offusqueront des règles au départ. Mais l’appât du gain aura raison de la majorité des plus réticents à participer. En fin de compte, l’argent est le moteur principal de ce jeu, son carburant. Et pas seulement. Il galvanise les esprits humains, corrompt les cœurs, détruit des avenirs par sa simple évocation. Et ça, Il-Nam l’a bien compris. Bien mieux que moi. Je lui ai donné la mèche, il a fourni l’explosif. Mais c’est bel et bien moi qui ai craqué l’allumette pour que le tout fonctionne. Je suis le seul fautif de tout ce qui est arrivé. La vengeance qui envahissait mon âme n’est pas une excuse pour ce crime. Alors, je pars sans peur. De toute façon, il ne me reste plus rien à m’accrocher. A quoi bon continuer à vivre ? A vous qui lirez ces lignes, en cet instant, j’ai déjà pressé la détente mettant fin à mon calvaire. Vous êtes libre de croire ou non à tout ce qui a précédé. Mais une chose est sûre : le Squid Game est bien plus qu’un jeu. C’est une épreuve mentale avant tout.

 

Si vous décidez d’y participer, vous vous engagez à ne plus être un humain. Vous devenez ce qu’Il-Nam en a fait. Un instrument. Une machine de désespoir comme il n’en existe nulle part ailleurs. Une mer de larmes. Voilà ce qu’est le Squid Game. Si malgré tout, vous décidez d’y jouer, oubliez tout ce qui fait de vous un homme. C’est la seule chose qui vous permettra de passer toutes les étapes et accéder à la victoire finale. L’oubli de soi, la perte d’humanité à son plus haut degré, voilà ce qui forme l’essence même du Squid Game. Ne l’oubliez jamais avant de vous engager… Adieu à vous. On se retrouvera de l’autre côté….

 

Publié par Fabs