9 sept. 2026

LE PASSAGER DU BAG-NOZ


J’ai longtemps cru que le mythe du Bag-Noz n’était qu’une faribole de plus dans les racontars qu’on essaime dans les ports. Des légendes propres à la Bretagne de mes ancêtres, de mes parents, de mon frère et de ma sœur. Tous des marins aguerris. Tous morts avec la fierté d’avoir accompli leur tâche au fil des ans, de différentes manières.

 

Mon frère fut le dernier de notre lignée à quitter notre chère terre de Bretagne. Noyé. Une bourrasque soudaine l’avait emporté le dernier jour de l’année, emportant son corps dans les flots bardés d’écume au large de l’ile de Sein. Là où notre famille officie depuis des lustres, valdinguant entre terre et mer, affrontant chaque jour qui passe les tempêtes de tout ordre. Que ce soient celles déchaînées par les dieux anciens des océans ; ou bien celles occasionnées par les vicissitudes de la vie, et ayant tellement contribué au malheur des nôtres.

 

Tout le monde vous le dira : le métier de pêcheur ne nourrit plus son homme. Et, malgré cette évidence qui nous poursuit depuis des années, notre famille a continué contre vents et marées à perpétuer le souvenir de nos ainés passés. Cela en se battant contre les flots pour en ramener ne serait-ce qu’une faible pitance, suffisant tout juste à subvenir à nos besoins, une fois vendue sur les marchés.    

        

Mon père a été tué d’une gaffe valdinguée par les vents violents d’un coup de tabac, survenu aussi vite qu’il s’en est allé, une fois accompli l’objectif de sa mission. Six ans plus tard, ma sœur l’a rejoint. On a retrouvé son corps flottant dans la baie des trépassés — au nom prédestiné —, à la suite d’une traversée qui aurait dû la mener sur le continent, afin d’y accomplir des études que jamais elle ne suivrait.

 

Personne sur le bateau où elle se trouvait n’a été en mesure de dire comment elle était passée par-dessus bord. Mais moi, je le sais. Et ma mère l’a très bien comprise également, quand nos voisins sont venus lui annoncer la triste nouvelle. Notre famille n’était pas exempte de reproches. Pour parvenir à survivre, nous avons quelquefois dû enfreindre nombre de règles d’or de la marine. Des règles passibles de sanctions exemplaires par les entités chargées de veiller au grain sur les activités des résidents de l’ile de Sein. Nous le savions, mais nous n’avions pas le choix.

 

Je ne vous énumérerais pas la liste complète de nos pêchés en ce sens. Sachez seulement que cela inclue des tricheries sur la qualité des produits vendus, pas toujours conservés selon les normes en vigueur ; ou encore des prix relativement plus élevés que la normale pour des pêches somme toute très banales. Sans la moindre once de particularité de goût pouvant justifier de cet excédent d’une supposée haute valeur.

 

Notre famille a payé le prix fort de ces traitrises auprès des dieux anciens de l'océan. Ma mère, pour sa part, fut fauchée par une chute de tuiles de notre toit pourri par les ans. Son crâne n’a pas résisté à la violence du choc. Avec le décès de mon frère, je me suis retrouvé seul à joindre les deux bouts pour continuer de faire exister l’entreprise familiale, qui n’avait plus de prestige que l’amer passé de sa gloire d’antan.

 

 Lors d’une sortie en mer de dernière chance — pour sauver ce qui restait des apparences, et ainsi éviter la banqueroute qui menaçait les nôtres depuis bien des années —, j’ai pu constater la vérité derrière les légendes. Le Bag-Noz existe bel et bien. Je suis persuadé que les autres membres de ma famille ont été témoins de la lanterne du batelier dirigeant la morbide barque, juste avant leur trépas. Ils ont été avertis de leur mort à venir par la vision du visage émacié de ce cousin de l’Ankou venu chercher leur âme perdue, à cause de leurs fautes trop nombreuses.

 

Il devait être deux heures du matin quand il est venu à moi, naviguant sur les flots noirâtres autour de mon frêle esquif, parvenant encore à affronter les vagues par je ne sais quel miracle. Le batelier n’était pas seul : derrière lui, plusieurs autres âmes attendaient que leur hôte daigne les rapatrier vers leur dernière demeure, au-delà de la ligne d’horizon. Des âmes sans doute récupérées à travers les ports de Bretagne, toutes aussi fautives que moi et ma famille aux yeux des divinités régissant les lois de la mer.

 

 J’ai très bien reconnu le visage de celui qui les menait à leur destin peu enviable. Mon frère. On dit que le batelier du Bag-Noz est remplacé chaque an par le dernier noyé de l’année. Au même titre que l’Ankou sur terre. Mon frère ne souriait pas. Il n’affichait plus l’air faussement enjoué qu’il avait eu tant l’habitude d’arborer en ma présence. Une manière pour lui de ne pas m’inquiéter de notre avenir incertain. Jusqu’à ce qu’il m’ait laissé seul — avec des dettes insurmontables, s’allongeant de mois en mois —, et un chagrin tout aussi rempli de larmes et de regrets.

 

Il se tuait à la tâche chaque jour pour nous permettre de survivre, m’empêchant de le suivre dans ses équipées risquées pendant des traversées houleuses et pleines de danger. En pleine nuit. J’aurais tant voulu le seconder durant ces voyages en mer. Tant voulu veiller sur lui comme il l’avait fait pour moi après le décès de notre mère. Il voulait que je suive mes rêves de dessinateur doué. Enfin, ça c’est lui qui me faisait part de ces louanges. Je n’aurais jamais le luxe de savoir s’il disait ça juste pour effacer mes doutes de voir venir un destin rutilant.

 

Il affirmait que je savais manier le crayon et le pinceau comme l’orfèvre s’emploie à faire naître le plus parfait des bijoux. Que je pouvais assembler des couleurs comme l’on assemble d’une main de maître les différentes pièces d’un bateau. Il aurait tant voulu que je quitte l’ile de Sein et que je suive une voie différente que celle du reste de notre famille. Il me manquait tant.

 

 J’ai choisi de renoncer aux rêves qu’il avait pour moi en continuant le métier de marin. Je pense que c’était plus par reconnaissance de tout ce que ma famille avait subie que par réel entrain à naviguer. Contrairement à mes géniteurs, mon frère et ma sœur, je n’ai jamais vraiment montré une prédisposition au métier de marin. Je préférais dessiner ce que je voyais à travers la fenêtre de ma chambre, jour après jour. Comme le port, les bateaux, la mer et le soleil couchant se déversant dans ses flots.

 

J’ai cru aux mensonges de mon frère qui me disait que je deviendrais quelqu’un sur le continent, quand le temps serait venu. Je sais aussi qu’il avait ouvert un compte en secret où il versait régulièrement — chaque mois qui passait —, un pécule destiné à ce que je change ma vie. Loin d’ici. Loin de cette île qui avait détruit tous les espoirs de notre famille. J’ai découvert l’existence de cet argent après ses funérailles. Après ce qui restait de mes espoirs d’aller ailleurs. Là où j’aurais pu assouvir ma passion de dessiner, de ma passion de décrire par de jolis mots les paysages que je remplissais de couleurs vives sur les feuilles de mon carnet. Un carnet que ma mère m’avait offert à mon 16ème anniversaire. Elle aussi comptait sur le fait que je puisse échapper un jour à la malédiction de notre clan maudit par les dieux.

 

Mais on ne change pas impunément les plans des divinités exerçant sur le territoire de Bretagne aussi facilement. Mû par un besoin incontrôlé de suivre la voie de mes pairs — en renonçant à tout le reste —, j’ai trahi les efforts accomplis par mon frère pour me construire un avenir plus pragmatique. Et —tout comme lui en avait été l’objet —, la fatalité m’a rattrapé.

 

Mon frère me regardait. Bien qu’il n’affichât pas d’expression humaine, je devinais une forme de tristesse dans son regard. Il n’avait pas de larmes, mais je sentais qu’il souffrait de me savoir là, à l’exact opposé de l’endroit qu’il avait désiré pour moi. Tout comme ma mère avant lui. Il a alors tendu l’un de ses bras, pointant le bastingage du bateau familial. Je n’ai pas compris sur le coup ce qu’il désignait. Je n’ai pas compris le sens de sa mise en garde. Avec le recul, je me dis aujourd’hui qu’il a sans doute cherché à aller à l’encontre de son rôle, en me prévenant de ma chute future.

 

Oui, maintenant que je réside sur une autre île — invisible à tout être vivant, là où je partage un quotidien fait d’attentes vers un voyage définitif qui emmènera mon âme loin de ce monde —, je suis sûr de ce fait. Mon frère a bravé l’interdit en tentant de me sauver. Il a risqué d’endurer de nouvelles souffrances de la part des entités l’employant. Ceci pour qu’il réside une chance pour moi de m’en sortir, malgré le funeste sort qui m’attendait.

 

Au lieu de ça, inconscient que j’étais alors de ce qu’il était devenu — un psychopompe chargé de m’escorter vers la mythique cité d’Ys, la ville légendaire bien loin d’être ce que les écrits en désignent —, je n’ai pas prêté garde et je me suis avancé. J’ai posé la main sur le bastingage en bois de la proue du bateau. A peine avais-je entendu les craquelures de ce dernier se transformer en débris — causant un fracas à peine voilé par les vents d’iode parcourant les contours du navire —, que je tombais dans les eaux glacées. Mon frère a observé la scène avec dépit. Je devinais que, bien qu’il n’en transparût rien sur son visage blême et vide d’émotion, il enrageait de n’avoir pu changer quoi que ce soit sur mon destin. Il s’était montré incapable de me sauver.

 

Nonchalamment, il a baissé le bras levé l’instant d’avant — comme un signe de résignation —, et m’a observé me débattre en vain dans les flots gelant peu à peu mon corps. J’ai tenté de rejoindre mon bateau. Mais celui-ci dériva vers le large, alors que l’ancre avait été plongée vers le fond de mer — où j’étais sûr qu’elle s’y était encastrée solidement —, quelques instants avant la venue du Bag-Noz et ses occupants singuliers.

 

Regardant mon frère qui attendait l’issue de mon trépas à venir, j’ai voulu m’engager à accomplir un dernier effort que je savais pourtant à mille lieux de mes capacités physiques. J’ai nagé, nagé, nagé… Espérant rejoindre le port à force d’efforts, malgré le froid qui engourdissait mes muscles l’un après l’autre. Et puis, mes gestes se sont arrêtés. Mes bras et mes jambes ne bougeaient plus. Mon corps s’enfonçait dans les eaux sombres de la mer de Bretagne, sans que je n’y puisse rien faire. C’était la fin.

 

Après ça, je me souviens seulement m’être retrouvé dans l’embarcation que représentait le Bag-Noz, aux côtés des autres âmes ayant été recueillies avant moi. Elles étaient silencieuses, ne faisant que fixer l’horizon vers lequel mon frère nous emmenait tous. Vers notre prochaine étape : la cité d’Ys.

 

Certaines légendes disaient que cette ville était entourée par la mer, semblant régner sur un piédestal fait de récifs constituant ses flancs. Ceux-là mêmes conçus pour affronter les ressacs des vagues déferlant de toute part. Ys est née de la démesure des hommes : un affront commis par eux pour défier les divinités de la mer. Comme pour indiquer qu’elles ne pourraient pas empêcher l’homme de maîtriser l’océan et s’en emparer.

 

Leur punition a été à la hauteur de leur arrogance. Au départ attachée au continent par une large route érigée par ses architectes, elle a vu les flots creuser un à un chaque monceau de pierre lui permettant de conserver un lien avec la terre des hommes. Jusqu’à être coupée de tout et être condamnée à errer sans fin vers le large. Loin du prestige que ses dirigeants avaient constitués au fil des ans.

 

On dit qu’Ys a fini par cesser son équipée en mer le jour où l’ensemble de ses habitants furent tous rongés de l'intérieur par leur situation. Psychologiquement parlant, j'entends. Les uns ont tentés de se jeter dans la mer, ne faisant que se fracasser sur les récifs, car renvoyés vers eux par des vents malins et capricieux. Les autres se sont entretués, dévastés par la folie de leur isolement. D’autres sordides récits parlent d’horreurs s’étant déroulées à l’initiative d’hommes et de femmes en proie à une déshumanisation totale. De sombres histoires de rituels implorant le pardon des divinités de la mer, de sacrifices sanglants ou autres actes monstrueux à base de cannibalisme. Mais dans les faits, personne ne sait très bien ce qui s’est réellement passé. Et personne ne peut attester de la véritable existence de la cité d’Ys.

 

Officiellement, ce n’est qu’une légende : il n’y a aucune trace d’elle dans un registre des côtes de Bretagne, de quelque époque que ce soit. Aussi éloignée soit-elle. Et pourtant, je peux affirmer qu’elle existe bel et bien. A la différence que les horribles carnages y étant associés — commis dans l’intention de calmer le courroux des dieux de l’océan —, ne sont sans doute dus qu’à l’imagination débordante de conteurs désireux d’apporter leur touche à un récit de base trop sage à leur goût.

 

Toujours est-il que j’ai été débarqué sur l’île constituant la cité d’Ys peu de temps après que mon âme a été récoltée par mon frère, le batelier du Bag-Noz. Mais était-ce mon âme ou bien mon véritable corps, celui-ci ayant évolué en quelque chose que je ne saurais définir précisément ? Impossible de le savoir. Je n’ai jamais eu le loisir de vérifier si ma carcasse gît quelque part au fond de la mer, ou si elle a échoué sur les rives de l’île de Sein. Là où les marins constateraient que le dernier membre des Kerdirac a fini par succomber à sa malédiction, à son tour. Que ce corps soit le mien ou bien un subterfuge créé de toutes pièces par les divinités contrôlant le batelier du Bag-Noz. Une manière de permettre — malgré tout —, qu’une représentation de mon enveloppe charnelle puisse bénéficier des derniers sacrements par les marins de Sein, je suppose.

 

J’ai conservé l’aptitude d’écrire, de parler, de bouger. Mais peut-être n’est-ce qu’un leurre ? Une façon sadique de me faire croire à la continuité de ma vie, destiné à me faire confesser les pêchés de ma famille ? Si tel est bien l’objectif de ceux derrière tout le malheur subi par les miens depuis toutes ces années. En un sens, je me sens plus serein aujourd’hui : je n’ai plus à me demander si j’ai bien fait de renoncer à voir les espoirs entretenus par mon frère me concernant devenir réalité. Je n’ai plus à me demander si je ne regretterais pas un jour d’avoir utilisé l’argent mis de côté par mon frère — à mon intention —, pour autre chose que ce à quoi il le destinait. Je n’ai plus aucune question à me poser. Juste à attendre la suite des évènements.

 

A l’heure actuelle, j’en suis surtout à me poser la question si cette lettre écrite — sans trop savoir pourquoi —, sera lue un jour. Ce récit inscrit sur un parchemin fait d’une étrange matière, à mi-chemin entre le papier, le tissu et une sorte de fine fibre métallique. Ecrire cette lettre aura sans doute été une façon pour moi de me rassurer. Un moyen psychique pour me prouver que tout ce que j’ai vécu n’a pas été un songe. Une rêverie orchestrée par les nouveaux dirigeants de la cité d’Ys.

 

J’ai eu l’occasion de les croiser. Un monarque et son épouse tout droit sortis de récits médiévaux, habillés de toges ressemblant à celles des druides celtes d’antan. Il y avait d’autres personnes chargées d’accueillir les nouveaux arrivants dont je faisais partie. Eux portaient des tenues différentes, plus proches des pages. Vous savez, ces jeunes garçons issus de la noblesse servant un seigneur, une dame ou un chevalier, dans le but de parfaire son éducation. Que ce soit pour développer des aptitudes militaires et le respect des conventions et normes propres à leur rang.

 

J’ai eu clairement l’impression d’avoir été transporté à une autre époque, échappant à tout sens logique et scientifique. Mais peut-être est-ce le cas ? Ys se trouve sans doute être l’équivalent de l’île d’Avalon des récits arthuriens : celle réservée aux héros. A la différence qu’ici n’atterrissent que les parvenus, les hérétiques, les calomniateurs… celles et ceux s’étant rendus coupables de parjures envers les dieux anciens ou d’autres pêchés tout aussi inqualifiables aux yeux des vrais maîtres de cette île. Celle cachée dans une dimension uniquement accessible au Bag-Noz, son batelier, et les âmes que ce dernier y transporte.

 

J’ai fourré cette lettre dans une sorte d’amphore creuse, ressemblant à celles employées durant l’époque celtique — là encore —, et je l’ai lancée à la mer. Je ne sais pas si elle parviendra quelque part. Sans doute pas. Je doute fortement que son voyage parvienne à briser les barrières séparant notre monde de la cité d’Ys. Néanmoins, l’écriture de mon histoire m’aura permis de mieux accepter ma condition. Quelle que soit la nature me définissant désormais.

 

J’ai revu mon frère durant le reste de l’année. Puis, il a été remplacé par un autre batelier. Je ne sais pas ce qu’il est devenu. Sans doute, sa mission accomplie, a-t-il eu l’autorisation de rejoindre l’endroit lui étant destiné au départ. Les limbes ou je ne sais quoi d’autre. Une nouvelle étape de son périple d’après mort, avant qu’il soit redirigé vers une succursale proche de l’enfer. Car oui, au vu des fautes de ma famille — ainsi que celles de toutes les personnes présentes à Ys, pour avoir discuté avec les plus loquaces d’entre elles —, il est évident que le paradis n’est pas prévu pour nous qui résidons ici désormais. Si tant est que ce lieu puisse exister. Mais, avec l’existence d’Ys, du Bag-Noz et du reste, je suis même enclin à croire à la réalité de créatures comme les marie-morgane. Les sirènes bretonnes.

 

Voilà mon histoire. Si vous la lisez aujourd’hui, si mon récit est parvenu jusque dans notre monde — par je ne sais quel miracle voulu par les entités à l’œuvre dans mon épopée —, vous êtes libre de croire ce que vous voulez sur ce que j’y ai décrit. Je ne rejoindrais plus la terre des hommes maintenant, de toute façon. Donc, que l’on prenne pour un fou l’auteur des lignes entre vos mains, ça n’a plus la moindre importance.

 

Mais sachez cependant une chose : Si un jour, vous croisez le Bag-Noz et son batelier, c’est parce que le jour de votre fin vient d’arriver. Ne cherchez pas à fuir : c’est inutile. Vous devez juste accepter votre sort et attendre de mettre un pied dans cette barque de la mort. Et qui sait ? Peut-être que — ce jour-là —, vous aurez la chance de me rencontrer ? Vous aurez ainsi la preuve que ce que vous avez lu décrivait une réalité que personne n’ose imaginer. Même en Bretagne. Cette région de la France où les légendes prennent vie…


Publié par Fabs

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